Dossier du 07/06/2012 à 16:34
Logement insalubre - Surgères: « C'est un vendeur de rêves »
Virginie B. et Christophe P. sont allés de déconvenues en déconvenues depuis leur entrée dans un appartement rue Audry-de-Puyravault à Surgères. Au-dessus de leur tête des tâches d'infiltration d'eau
On prend quasi les mêmes et on recommence. Deux mois après le départ de sa locataire, Stéphanie B., de l'appartement insalubre rue Audry, le propriétaire reloge des personnes sans avoir fait de travaux.

Nous nous étions fait l'écho fin 2011 et début 2012 des problèmes rencontrés par une mère de famille Stéphanie B. qui avait loué un appartement, rue Audry-de-Puyravault, à Surgères, auprès d'un propriétaire visiblement peu scrupuleux : fuite d'eau dans les chambres, humidité constamment présente, absence d'eau chaude... Bref, l'appartement concentrait légion de défauts qui le rendait insalubre. Devant les problèmes qui s'accumulaient, jusqu'à en venir à mettre la santé de ses enfants en péril - sa dernière née de quelques mois ayant été hospitalisée pour des problèmes respiratoires - Stéphanie B., alors soutenue par l'association le Toî Kétatous et le Droit au logement de Charente-Maritime (Dal 17), avait même engagé une grève de la faim, à Noël dernier. Cette dernière a réussi à décrocher un logement social à Villeneuve et a quitté son cauchemar, en février dernier.
Mi-mars, un jeune couple, originaire de Poitiers, voulant s'installer à Surgères, consulte les petites annonces sur un site Internet bien connu des particuliers, et tombe sur une annonce qui les intéresse. Virginie B. et Christophe P. prennent contact avec le propriétaire et conviennent d'un rendez-vous début mars : « Tout était nickel à part le balatum, mais le propriétaire nous a dit qu'il le referait ». Un balatum qui devait déjà être changé du temps de Stéphanie B.

Le plafond éventré
« Il y avait aussi une porte de placard à remettre, un volet, des tâches sur le plafond d'une des chambres du bas. Mais, il nous a dit que tout serait fait avant notre entrée dans l'appartement. » Les deux jeunes gens récupèrent les clés des mains du propriétaire, le 27 mars, pour emménager le lendemain, et là gros problème : le plafond tâché est du coup éventré à un autre endroit, « sur 2 m x 1,5 m », précise Christophe P. Il ajoute : « Le propriétaire avait ouvert pour réparer. La laine de verre était pourrie à cause des fuites du toit qu'il y avait eu, elle tenait avec du scotch et un gros bout pourri aussi était posé par terre. » Le propriétaire aurait expliqué au couple qu'il n'avait pas eu le temps de tout réparer et qu'il s'acquitterait des travaux le plus rapidement possible. Une pièce qui est restée en chantier et inhabitable plus de trois semaines : « Le propriétaire est venu poser de nouvelles tuiles, le 11 mai, et a attendu le 21, pour faire la chambre ». Des travaux entamés le 21 mai, après l'intervention du Dal 17.

« Le propriétaire lui a raccroché au nez »
« Sans le Dal, le propriétaire ne serait pas venu », souligne Virginie B. En effet, entre l'entrée dans l'appartement et les travaux, un bras de fer s'est engagé entre les locataires et le propriétaire. « ça s'est passé très mal même avec ma belle-mère, poursuit Virginie B. Il lui a dit que si on n'était pas, vendredi 18 mai, à l'appartement pour faire les travaux, alors qu'on était à Poitiers pour notre état des lieux de sortie de notre ancien appartement, il nous ferait expulser par la police. Ma belle-mère a répondu que ce n'était pas possible parce qu'il faut d'abord une procédure ». Une belle-mère qui ne s'est pas démontée et a demandé un dédommagement pour les problèmes rencontrés par le couple : « Là, le propriétaire lui a raccroché au nez. »

« Le propriétaire a déclaré à la Caf qu'il avait des locataires entrés en date du 22 avril dans son appartement et qu'ils étaient à jour de leurs loyers (...) Ça s'appelle faux et usage de faux et cela relève du pénal »

Autre menace de ce propriétaire, comme le raconte Virginie B., actuellement en recherche d'emploi sur le secteur : « Il m'a dit qu'il irait voir mon futur employeur pour lui dire que je ne suis pas une personne bien. Il ne veut pas non plus nous donner la clé de la boîte aux lettres alors que nous attendons des papiers importants. »
Les locataires, n'arrivant plus à joindre leur propriétaire, ont demandé conseil auprès d'un juriste et envoyé une lettre en recommandé avec accusé de réception pour demander les travaux promis dans l'appartement. Une missive restée sans réponse. « C'est un vendeur de rêves », lâche Christophe P. dépité par cette situation.
À l'entrée des jeunes gens dans l'appartement aucun état des lieux n'a été fait. Et du côté du bail, le propriétaire avait omis de le signer : « ça nous a retardés pour les demandes d'aide », ajoute Virginie B. Et pire encore comme le raconte Mehdi El Bouali, président du Dal 17 : « Le propriétaire à déclaré à la Caf qu'il avait des locataires entrés en date du 22 avril dans son appartement et qu'ils étaient à jour de leurs loyers. Alors que c'est faux, ils sont entrés plus tard et n'ont pas payé de loyer puisque les travaux n'ont pas été faits. Tout ça pour recevoir la part de la Caf. » Pour Mehdi El Bouali, il n'y a aucun doute : « Ça s'appelle faux et usage de faux et cela relève du pénal ». Depuis, le propriétaire est retourné s'expliquer avec la Caf qui ne semble pas vouloir aller plus loin dans cette histoire, selon le président du Dal 17.

« Il devra refaire les communs »
Ce dernier ne décolère pas de cette situation : « Dès que j'ai été mis au courant du problème par le couple (Ndlr. Fin de semaine dernière), j'ai tout de suite appelé le propriétaire pour lui dire que ce n'était pas possible d'agir comme ça. Il s'est tout de suite posé en victime. Je lui ai signalé qu'en l'absence de sa signature sur le bail, il n'est pas valable, et c'est de fait comme s'il y en avait un. Et comme c'est lui qui a donné les clés, l'occupation du logement n'a rien à voir avec un squat. » Mehdi El Bouali a conseillé à ce dernier de s'arranger à l'amiable avec ses locataires et a tout de suite négocié les travaux, débutés donc lundi dernier. Puis il enfonce le clou : « Tant que l'appartement n'est pas nickel, ils ne verseront pas de loyer. Un expert passera à la fin des travaux pour faire un état des lieux aux frais du propriétaire. Il devra aussi refaire les communs qui sont insalubres ». Le propriétaire a en effet changé la vitre de la porte d'entrée de l'immeuble, il y a 8 jours. Elle était cassée depuis plus de 3 ans.
Le Dal 17, qui est vigilant quant à ce propriétaire qui avait donné du fil à retordre au temps de la location de cet appartement à Stéphanie B., a été surpris par la vérification que la Caf a faite quant aux divers logements mis en location par l'intéressé : « La Caf a contrôlé les appartements que ce propriétaire loue à Rochefort. Ils n'ont rien trouvé à redire puisque ces logements-là sont impeccables. On leur avait pourtant dit que c'était à Surgères que l'appartement était insalubre. »
Malgré la prise en charge de l'affaire par le Dal 17, le jeune couple ne rêve que d'une chose : déménager et n'avoir plus affaire à ce propriétaire

Article rédigé par :
Carine FERNANDEZ

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