Article du 12/03/2009 à 06:58
investir sans endetter la commune
Philippe Goron, maire de Saint-Crépin, espère vivement que l'absence de TP sera rapidement compensée. (photo J.-P. B.)
Saint-Crépin, 243 habitants, a vu son budget municipal boosté par la taxe professionnelle générée par son parc éolien. Depuis 2004, 80 000 € environ entrent annuellement dans les caisses. Et demain ? Philippe Goron, le maire, n'entrevoit pas d'avenir sans compensation.

Elles ont été longtemps décriées, elles font aujourd'hui le bonheur du budget municipal de Saint-Crépin, petite commune de 243 habitants du canton de Tonnay-Boutonne. Depuis septembre 2004, date de mise en service des quatre éoliennes, la taxe professionnelle tombe annuellement dans l'escarcelle de la commune qui profite de cette manne relative pour investir dans des travaux tout en ayant un recours à l'emprunt modéré.

Philippe Goron : « La suppression totale serait très inquiétante. Je n'imagine pas qu'elle ne puisse pas être compensée. Ce n'est pas possible autrement. Je vais oser un parallèle avec les aides compensatoires que perçoit l'agriculture. Elles diminuent progressivement tous les ans et le métier est de plus en plus difficile, jusqu'à mettre les exploitations dans des situations délicates ».

Vous pensez que la disparition de la TP peut mettre les communes en danger ?
Philippe Goron : « Je ne sais pas si on est dans l'effet d'annonce, si ça va aller au bout, mais la TP représente 20 % de notre budget, environ 80 000 € par an pour les seules éoliennes. Si on ne devait plus avoir cette TP, ça ne remettrait pas en cause les projets que nous avons, mais ça repousserait les échéances et ça nous obligerait à plus emprunter ».

S'il n'y a plus de TP, les communes porteront peut-être moins d'intérêt à l'installation d'éoliennes.
Philippe Goron : « C'est possible ! Mais aujourd'hui on est plutôt très sollicité pour l'installation de panneaux photovoltaïques. Je voyais cette commune qui a un projet de 35 ha de panneaux qui généreraient 560 000 € de taxe professionnelle. Ça va peut-être leur donner à réfléchir ».

La suppression de la TP vous inquiète pour l'avenir ?
Philippe Goron : « C'est inquiétant, oui. On a de gros projets pour la taille de notre commune : assainissement collectif, enfouissement des réseaux, aménagement du bourg, rénovation et agrandissement de la mairie, l'année prochaine on attaque les travaux de la salle polyvalente. Tous ces projets on les aurait peut-être, sans la TP des éoliennes, peut-être pas, ou alors ils auraient été étalés dans le temps. L'avantage c'est aussi qu'on évite d'avoir recours excessif à l'emprunt. L'apport de trésorerie nous permet de ne pas endetter la commune. Cela dit, Saint-Crépin a traversé le temps sans la taxe professionnelle, on sait aussi faire sans, mais on s'habitue bien au confort qu'elle apporte dans la gestion d'une commune ».
À Saint-Crépin, on a fait le choix d'utiliser les revenus de la TP pour améliorer le cadre de vie des habitants de la commune. À Bernay-Saint-Martin, où est érigé le deuxième parc du département on a préféré rester dans la veine de l'investissement durable puisque la commune exonère de taxe foncière les particuliers qui ont des projets d'éco-construction et de recours aux énergies renouvelables. Dans un cas comme dans l'autre, la suppression de la TP viendrait contrecarrer de beaux projets qui oeuvrent pour le mieux vivre en milieu rural.

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