Une agriculture à taille humaine

Un panier d'hiver avec tous les ingrédients pour cuisiner une bonne soupe. (photo F. G.)
Les Amap prône le maintien d'une agriculture paysanne de proximité. Une idée noble qui fait son chemin
« Grâce aux Amap, l'écoulement de ma production est assuré, indique Dominique Pluchon producteur du Potager de la Devise à Vandré qui travaille avec les Amap Les Paniers du marais, Tasdon, en Ré et l'Adap entre Boutonne et Charente. Ce que je récolte est vendu à l'avance, ce qui est un vrai plus pour ma trésorerie. L'autre avantage est que je suis en contact direct avec les consommateurs, un peu comme sur les marchés. La grande difficulté est de mettre dans les paniers des légumes que tout le monde aime. Il est impossible de contenter 100 % des goûts. C'est le producteur qui décide de ce qu'il met. Cela dépend de la production et de la récolte. Or parfois, les adhérents n'aiment pas certains légumes. Moi-même, je n'aime pas trop le céleri. Un avantage ou un inconvénient, tout dépend de comment on se place, c'est la découverte de nouveaux légumes, donc de nouveaux goûts. Le souci parfois est de ne pas savoir les cuisiner. Encore heureux, les gens peuvent se renseigner sur internet. Les Amap constituent un complément des ventes que j'effectue sur les marchés. Cela fait 10 ans que je suis installé. Au début, je vendais seulement sur les marchés et par le biais de magasins bios. Maintenant, je ne travaille plus que sur les marchés, les Amap et un seul magasin bio. Les Amap permettent d'assurer un équilibre financier à mon exploitation. J'avais déjà un salarié et j'ai recruté un apprenti en septembre dernier. Dès que l'activité commence à bien tourner, l'objectif est de recruter, ce qui me permettra de ralentir un peu. Je ne veux pas accroître la taille de mon exploitation, je souhaite qu'elle garde une taille familiale. Des collègues se convertissent au bio ou s'installent. À travers le Groupement des agriculteurs bio de Charente-Maritime (Gab 17) je suis le parrain de deux jeunes en cours d'installation. Je suis à leur disposition pour leur donner des conseils économiques, techniques et en gestion. Au début, il faut faire très attention aux investissements. Je tiens une ferme référent, le Gab y organise des formations tous les 2 ou 3 mois. Le danger dans les reconversions c'est que les producteurs ne le fassent pas par conviction, comme moi, mais par appât du gain. L'agriculture bio industrialisée, productiviste dénaturerait complètement l'esprit d'origine. Je pense que d'ici 5 ou 10 ans il y aura deux étiquettes bio, une pour les artisans comme moi et une pour les industriels. »
Article rédigé par :
Frédéric GADREAU