Article du 19/08/2010 à 14:04
Surgères: le point sur le marché immobilier
Photo C.F.
Si la demande a changé, l'immobilier reprend un peu du poil de la bête sur le secteur, ave une réelle reprise espérée au printemps 2011.

Depuis septembre 2008 les agences immobilières ont ressenti la crise qui a sévie dans le monde entier. Sur le secteur de Surgères et son canton, une baisse des transactions s'est fait ressentir avec beaucoup moins d'acquéreurs qui se présentaient aux portes des agences et une très légère baisse des biens mis à la vente. Les prix, eux, ont chuté de 20 % et la moyenne des délais de vente d'un bien est passée de 61 jours en 2009 à 117 jours en juin 2010 (chiffres Era France). Du côté du chiffre d'affaires des agences de la cité d'Hélène, « il a baissé de 30 à 40 % en moyenne », précise Stéphane Feuillet directeur de l'agence Era Terre Atlantique Immobilier à Surgères. Il ajoute : « les prix des biens sont restés élevés en début de crise ce qui a créé un décalage avec la solvabilité des acheteurs potentiels. »
La clientèle a également changé : « nous avons globalement eu une baisse importante de clients à 200 000 €. Pas mal d'acquéreurs sont désormais en dessous de 120 000 €. » Un effet crise qui creuse un fossé entre acheteurs et vendeurs puisque selon Stéphane Feuillet « il est difficile d'avoir un produit adéquat aux demandes. »
Du côté des prix, aujourd'hui la baisse de 20 % est maintenue : « pour une maison de plain-pied dans le centre de Surgères d'environ 90 m2, il faut compter aux alentours de 172 000 €. Ce qui fait le m2 à 1 911 € », ajoute Stéphane Feuillet avant de préciser que sur l'axe Surgères-La Rochelle il faut compter environ 1 400 €/m2 et sur l'axe Surgères-St-Jean-d'Angély 800 €/m2, « c'est une nette baisse sur cet axe ».
Face à la baisse du pouvoir d'achat des acquéreurs potentiels, la demande elle aussi, à évoluée : « nous vendons beaucoup de terrains depuis 4 mois ce qui n'était pas notre fonds de commerce avant la crise. Avec une construction ensuite, les budgets tournent plus autour de 100 000 à 110 000 €. » Une proposition qui s'impose puisque les biens peu chers ne restent pas longtemps à la vente avec un profil d'acheteurs identifié sur le secteur comme des couples avec enfants et des retraités.
Pour Stéphane Feuillet « globalement l'immobilier repart à Surgères, mais ça tarde un peu. C'est irrégulier et aléatoire. On commence à revoir des personnes avec des budgets maison de 200 à 250 000 €. Mais la plupart tournent autour de 140 à 150 000 €. Je ne pense pas qu'il y aura de réel redémarrage avant le printemps 2011. »


Les Anglais repartent
 « En 2004-2005, les Anglais représentaient 50 % du chiffre d'affaires de l'agence », explique tout de go Nicci Tapsall, conseillère en immobilier à l'agence Century 21 La Gères Immobilier. Les acquéreurs venus d'outre Manche s'installaient sur le canton dans le 'home sweet home' d'une résidence principale ou secondaire, selon s'ils étaient en retraire, préretraite ou jeunes parents. Mais voilà, beaucoup de maisons achetées en 2005 sont à la vente aujourd'hui. La faute à la crise qui bat son plein au Royaume Uni, du coup les sujets de sa majesté vendent leurs biens ici pour faire face à leurs dépenses là-bas dû : « ils veulent récupérer des fonds au cas où ils perdraient leur travail en Angleterre. » De plus le coût de la vie ayant augmenté en France il est moins intéressant pour eux de venir en vacances sur notre territoire. Sans oublier le rapprochement familial : « les personnes à la retraite sont devenues grands-parents et veulent se rapprocher de leurs familles. Ils ont vécu leur rêve français et repartent. » Sans oublier que beaucoup d'entre eux pensaient trouver facilement du travail dans les environs mais la barrière de la langue a été la plus forte.
Ce qui fait qu'aujourd'hui 10 % des maisons à la vente à l'agence Century 21 la Gères Immobilier sont 'Anglaises'. Car ce qui pousse aussi les Britanniques à vendre, c'est le taux de change qui leur permet de faire un petit bénéfice même s'ils cèdent leur maison au même prix où ils l'ont achetée lors de leur arrivée : « par exemple s'ils ont acheté une maison à 100 000 € en 2005, ça leur a coûté 66 700 £. S'ils revendent au même prix aujourd'hui ils repartent avec 84 750 £. » Une option valable pour ceux qui n'ont pas trop investi en rénovation.
Malgré tout Nicci Tapsall reste optimiste : « ce n'est pas irréversible. Il y a toujours eu un lien entre les Anglais et les Français, surtout avec la Charente-Maritime. L'été il y a beaucoup de vols entre les deux pays à l'aéroport de La Rochelle. La région est bien desservie au niveau des axes routiers. Les Anglais ne partent pas de bon coeur et c'est la crise qui a fait son effet. »

Article rédigé par :
Carine FERNANDEZ

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