Article du 01/07/2009 à 18:03
Smictom Vals Aunis : 10 000 composteurs distribués gratuitement
Guy Beugnon, président du Smictom. (photo C. F.)
Le 10 000e composteur a été distribué par le Smictom sur son territoire : le syndicat a célébré l'événement le 26 juin dernier.

« Quantitativement, c'est la plus grosse opération du quart sud-ouest de la France », s'est félicité Guy Beugnon président du Smictom concernant l'opération 'Magicien composteur” lancée sur le territoire de la structure (12 CDC, 4 communes non-regroupées, soit 180 communes et 139 000 habitants). Il ajoute : « Un bilan exceptionnel puisqu'on s'était fixé 15 000 composteurs sur 3 ans, après un peu plus d'un an on en est à 10 000. Maintenant on vise les 20 000 ». Les administrés adhèrent donc à cette opération et dans la durée selon les observations des agents du Smictom. Des tonnages de déchets qui sont ainsi détournés et gardés par les habitants, c'est autant de tonnes en moins à transporter « donc autant de kilomètres en moins à faire pour les camions et de déchets à traiter ». Car le coût de traitement d'une tonne de déchets coûte 150 €, alors que le compostage domestique qui permet de réduire les fermentescibles dans les poubelles noires, c'est zéro dépense. Juste un peu d'huile de coude pour obtenir du terreau bon pour les plantes du jardin. Et il faut rappeler que le compostage permet de réduire de 30 % les déchets à la source.
Lionel Poitevin, directeur régional adjoint de l'Ademe, a de son côté rappelé les objectifs du Grenelle de l'environnement d'ici 2012 : réduire de 7 % la production des ordures ménagères au travers de geste écoresponsables pour une diminution à la source. Puis augmenter le taux de recyclage des déchets en passant des 25 % actuels à 45 % : « une marge importante à passer », précise Lionel Poitevin. Le tout pour baisser à terme les quantités de déchets à incinérer ou à enfouir de 15 %. Un défi lancé aux habitants mais aussi aux collectivités, aux artisans et aux entreprises : « L'ensemble des acteurs doivent faire des efforts et c'est la concertation qui permettra d'atteindre ces objectifs ». Autre consensus du Grenelle, c'est le développement de la valorisation de la matière organique par le compostage ou la méthanisation.
Du côté de Corinne Cap, conseillère régionale verte du Poitou-Charentes, si l'opération de distribution de bac à compostage est une bonne initiative ce n'est pas suffisant : « Il faut aussi réduire un maximum les déchets à la source et ne pas acheter des produits suremballés ». Des achats écoresponsables qui permettent de ne pas surcharger les poubelles noires et empêcher les usines de valorisation de pulluler : « Ils veulent nous faire croire qu'on peut valoriser des déchets. Bon... On sait aussi que les usines d'incinération c'est vraiment le dernier recours quand on a raté tout le reste. Un appel aux habitants du secteur, si vous ne voulez pas être pollués par une usine d'incinération il faut être vertueux et on pourra peut-être redistribuer les déchets sur d'autres usines en dehors des centres de vie et tout le monde sera gagnant ». Et d'ajouter : « Ici, il n'y a pas d'autre possibilité parce que les élus précédents n'ont pas voulu mettre en place ce qu'il fallait au niveau recyclage et économie de déchet. Mais, il faut absolument à terme fermer cette usine et renvoyer les quelques déchets vers des usines déjà aux normes et surdimensionnées ». À bon entendeur...

Des invités surprise

Lors de la célébration du 10 000e composteur distribué sur le secteur du Smictom, une dizaine de membres de l'association Surgères Alert' ont manifesté devant le siège de la structure. Ils étaient là pour dire « oui au compost et au tri sélectif et non au projet d'incinérateur » prévu sur la commune. Pascal Dupuy, co-président de Surgères Alerte explique : « Si on incinère, on limite le tri sélectif. Puisque le combustible de l'incinérateur c'est le papier, le plastique, le carton. Il faut savoir que quand on incinère une tonne de déchet, ça coûte 150 € à la collectivité, si on recycle une tonne de papier, on la revend 100 €, 240 € pour une tonne de plastique ». Pascal Dupuy parle également de métaux qui se retrouvent à l'incinération : « Ils sont brûlés et ensuite on doit traiter les mâchefers pour récupérer les métaux. Si le tri est fait en amont, les métaux sont éliminés. D'où le coût énorme de l'incinération et des filières qui suivent ». Pascal Dupuy est pour le développement des filières de recyclage au lieu de « dépenser du pétrole à créer de nouvelles matières premières. On peut utiliser des matières déjà existantes. Donc on économise du pétrole, on a des matières disponibles, on ne les brûle pas et surtout on ne pollue pas l'atmosphère ». Jacques, membre de Surgères Alert' qui parle de désaccord avec le Smictom uniquement sur l'incinération : « C'est une aberration parce que malgré tous les filtres que l'on peut mettre sur un incinérateur, pendant 60 jours par an ils vont cracher toute leur dioxine, tout leur furanne pour pouvoir intervenir sur les filtres. On en a bouffé pendant 30 ans, alors il faut dire non à cet incinérateur ». Jacques fustige la position de l'incinérateur à Surgères car « sous les vents dominants ». Il préconise le tri mécanobiologique.
Pour Guy Beugnon, président du Smictom, malgré « tous les efforts de réduction des déchets » encouragés par la structure il existe toujours « des déchets ultimes aux alentours de 35 à 40 000 tonnes » : « Il va bien falloir trouver une solution pour les traiter car moi aujourd'hui je suis responsable des déchets émis par l'ensemble des usagers. Ma responsabilité, c'est de pouvoir offrir dans un avenir proche un outil de traitement quel qu'il soit, respectueux de l'environnement. Malgré tous les efforts il restera toujours des déchets résiduels à traiter, l'incinération fait partie des solutions envisagées. »


Surgères Alert' poursuit son combat contre le projet de nouvel incinérateur. (photo C. F.)
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Le dossier
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