Article du 02/09/2010 à 10:53
Saint-Jean-d'Angély: Ressource et qualité de l'eau
En aval des écluses de Bernouët, la Boutonne est à sec, comme de nombreux cours d'eau de Charente-Maritime. (photo DR)
SOS Rivières vient de porter plainte contre X pour connaître les raisons de la pollution de la Boutonne, une action dans la lignée de la mobilisation du 4  septembre à 10h à Bernouët.

Dès lundi dernier, la direction départementale des territoires et du littoral a effectué des prélèvements d'eau de la Boutonne. Une action qui fait suite à la plainte contre X rédigée par l'association de défense de l'environnement, SOS Rivières suite à l'aspect peu ragoûtant de cet affluent de la Charente ces derniers temps : « beaucoup d'algues dues sans doute au manque d'eau et même des traces blanches depuis lundi 30 août, on ne sait pas ce que c'est », souligne Gabriel Delicourt de SOS Rivières (voir L'Hebdo p 5).
SOS Rivières qui s'associe à d'autres mouvements de protection de l'environnement pour se mobiliser samedi 4 septembre sur le site de Bernouët à partir de
10 h. Gabriel Delicourt précise : « l'an dernier notre mobilisation avait rassemblé 150 personnes, avec des écharpes tricolores, car l'eau intéresse tout le monde. La question cruciale étant : aura-t-on de l'eau potable dans 20 ans ? Car il faut savoir que ces dernières années 150 puits de captage ont été fermés dans le Poitou-Charentes à cause de pollution aux nitrates. On est en train d'aller puiser dans les nappes phréatiques primaires. » Une mobilisation qui se veut plus didactique cette année (voir encadré) avec Bernouët pour point de ralliement car « en aval des écluses de Bernouët, la Boutonne est à sec, comme de nombreux cours d'eau de notre région. » Car la question tourne autour de l'égalité de tous face à la ressource en eau : « ça fait 30 ans qu'on connaît le problème en Charente-Maritime. Aujourd'hui 80 % de l'eau consommée l'est par les agriculteurs, 10 % par les industries et 10 % par les habitants. Un canon à eau c'est 900 m2/h d'eau ! On se mobilise aussi pour dire aux pouvoirs publics de protéger les consommateurs. » Les associations de défense de l'environnement parlent de baisse de la ressource en eau mais aussi de « coûts énormes de dépollution liés à un type de culture intensive et irriguée, mal adaptée à notre terroir et à notre climat, qui pèsent toujours plus sur les factures d'eau. Il faut sans cesse rappeler que l'eau est notre patrimoine vital le plus précieux ». Une politique de l'eau qui risque de coûter cher au gouvernement français, et donc au contribuable, selon les explications de Gabriel Delicourt : « la directive européenne sur l'eau demande le retour à la normale des rivières en 2015. À cause des lobbies principalement céréaliers la France a décidé que ce retour à la normale se ferait en 2017. Le gouvernement devra donc payer une amende durant 2 ans ! » Il ajoute le « besoin d'arriver à une agriculture raisonnée, car même s'il y a une baisse de 30 % des cultures irriguées en Charente-Maritime, il y a un fort manque d'eau. »
Un manque d'eau qui a des conséquences économiques : « les pêcheurs ont vendu 30 % de moins de cartes de pêche. Les éleveurs ont du mal à fournir de l'eau à leurs bêtes. Les loueurs de barques en pâtissent aussi. Et les kayakistes ont du mal à se mettre à l'eau quand elle est de mauvaise qualité comme la Boutonne. » Une situation que beaucoup de gens « vivent très mal » et contre laquelle les associations de défense de l'environnement appellent à la mobilisation samedi 4 septembre, à partir de 10 h, à Bernouët.

Actualité Flash info
Le dossier
Le 12 décembre, à 7 h 45, en gare de Poitiers, un groupe de femmes, trente-cinq au total, a pris le train pour Strasbourg, destination le Parlement européen, pour une visite guidée, par la députée européenne Élizabeth Morin-Chartier, élue de la très grande région 'Grand ouest': Bretagne - Pays de Loire - Poitou-Charentes.