Régionales 2010. Centriste, un point c'est tout !

Ne l'appelez plus MoDem. Alexis Blanc est centriste, un point c'est tout. (photo DR)
Un nouveau communiqué de la Commission de contrôle du MoDem confirme la suspension d'Alexis Blanc du mouvement. L'intéressé commente cette décision.
Si Alexis Blanc a contesté la première annonce de sa suspension du MoDem, il semble prendre acte de la seconde, même s'il n'a pas encore reçu la lettre recommandée qui doit lui signifier sa mise en quarantaine du mouvement centriste. « Moi je n'ai encore rien reçu, mais je sais que dans d'autres départements, d'autres ont effectivement reçu leur lettre recommandée », précise Alexis Blanc qui attend son tour et ne se formalise pas plus que ça de cette décision de la direction du parti.
« Mise sous tutelle ou pas mise sous tutelle, suspendu ou pas suspendu, je mets tout ça de côté et je me présente comme centriste. Nous sommes cinq centristes sur la liste de Mme Royal et nous allons nous concentrer sur la campagne. Nous allons travailler sur des propositions concrètes et oeuvrer sur le fond parce que jusqu'à présent on s'est plus attaché à la forme et aux incidents de la campagne. Toute cette cuisine finie par ne pas être très ragoûtante. »
Cette cuisine, les petites phrases, les dérapages, etc. ne risquent-ils pas d'éloigner encore plus les électeurs d'un scrutin déjà réputé peu mobilisateur ?
Alexis Blanc : « Dominique Bussereau m'a traité de blanc-bec, puis il a dit que nous, les centristes, on allait à la gamelle, puis il nous a traités de harkis, après il y a eu ce qu'à dit Jean-François Douard et Ségolène Royal s'est fait traiter de tous les noms ; je pense que tout ça est fait pour dégoûter les électeurs et favoriser l'abstention. »
Pour Ségolène Royal, c'est la même chose d'avoir des centristes sur sa liste plutôt que des MoDem ?
Alexis Blanc : « À la limite, elle préfère parce que quand on dit MoDem, ça fait accord d'appareil. Alors qu'elle a bien précisé qu'il n'y a pas d'accord d'appareil. En tout cas, je suis là avec mes valeurs centristes et ça semble lui convenir. »
Il a fallu vous battre pour conserver les cinq sièges qui ont failli se réduire à trois ?
Alexis Blanc : « Oui, parce que les listes régionales c'est un peu comme le Peuple de l'Alliance, il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus. Effectivement, chacun essaie de défendre son beefsteak jusqu'au bout. Ce qui me plaît, c'est qu'elle a mis trois centristes sur la Charente-Maritime. Elle me l'a dit, c'est une forme de reconnaissance pour ce qu'on a fait. Ça fait grincer des dents au PS, mais c'est comme ça et ça se passe très bien avec elle. »
Qu'est-ce qui ne va pas au MoDem ?
Alexis Blanc : « Il y a des valeurs fortes dans le centrisme, parmi lesquelles la décentralisation. Nous sommes des anti Jacobins. Or, les difficultés actuelles du MoDem sont liées au fait que les actes ne sont pas du tout cohérents avec le discours. Au MoDem, toute la gestion du parti est extraordinairement centralisée. Tout vient du siège, tout est décidé là-haut, à deux dans un bureau. Sur ce point, je suis en désaccord avec le parti. »
Écarté du MoDem, que sera votre avenir politique après le 21 mars ?
Alexis Blanc : « Pour moi, la question c'est : que sera le MoDem après le 21 mars ? Moi, quoi qui se passe, je reste centriste et je ne compte pas prendre ma carte au PS ni ailleurs. Je mise plutôt sur l'après 2 012. Pour être concret, Bayrou voudra se présenter aux présidentielles parce que c'est l'objectif de sa vie, mais à mon avis il va se ramasser. Le MoDem est déjà à l'état végétatif, après les régionales ça va être encore pire, donc il y aura un centre à reconstruire. Pour moi, l'échéance elle est après 2 012. Est-ce que c'est le bipartisme gauche-droite qui l'emportera, ou est-ce qu'il y aura encore un centre, sous une forme ou sous une autre ? Mon espoir c'est qu'il y ait encore un centre après 2 012. Sera-t-il centre droit, centre gauche, centre pur, je n'en sais rien et le débat n'est pas là. »
Vous attendez François Bayrou de pied ferme dans sa pêche aux 500 parrainages pour les présidentielles 2 012 ?
Alexis Blanc : « Le connaissant et sachant comment ça se passe, il n'hésitera pas une seule seconde à revenir vers nous pour les signatures. Sur certains sujets, il y en a qui ont la mémoire longue et sur d'autres ils l'ont très courte. »
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