Article du 16/03/2010 à 16:11
Régionales 2010 : Réactions à chaud des états majors
Samedi matin, veille de scrutin, Ségolène Royal détendue, visite le salon du du développement durable à Saint Jean d'Angély. (photo N. S.)
Les résultats à peine tombés, dimanche soir aux alentours de 20 heures, nous sommes allés à la pêche aux réactions à chaud des candidats et de membres des états majors.

Françoise Mesnard (Parti socialiste)
« C'est une immense satisfaction pour le travail accompli depuis toutes ses années, pendant la campagne avec toutes ces réunions participatives et les ateliers du projet que nous avons mené dans chaque canton.  Nous nous méfiions du taux d'abstention annoncé et de ces sondages qui donnaient l'impression aux électeurs que tout était joué d'avance, ce qui pouvait créer une désaffection du scrutin régional. Nous avons encore beaucoup à faire pour faire comprendre aux électeurs l'importance du Conseil régional dans leur vie de tous les jours. Mais il y a plusieurs facteurs dans l'abstention. Il y a probablement la difficulté à percevoir l'importance de l'action du Conseil régional, même si nous avons beaucoup progressé depuis 2004. Mais il y a aussi, je crois, du côté de la majorité une forte abstention de leur électorat qui désapprouve l'action menée par Nicolas Sarkozy. »

Catherine Quéré (Parti socialiste)
« Nous sommes enchantés par ces résultats parce que c'est la reconnaissance du travail de terrain que nous avons effectué. Nous avons fait beaucoup de réunions cantonales et j'ai été surprise par le nombre de personnes qui se déplaçaient, même dans les plus petites communes où nous avions facilement plus d'une centaine de personnes. La présidente a eu la riche idée de nommer un élu reférent par territoire et donc la région était parfaitement identifiée et s'est trouvée très proche, elle a fait un travail de proximité et ça, ça a payé ! C'est une véritable claque donnée au président du Conseil général. Qu'il ne soit pas en tête dans son département, c'est un désaveux, non seulement de la politique de la droite en général, mais aussi un grand désaveux de la politique qu'il a mené dans son département. Ça doit être dur pour lui de digérer ce résultat.

Jean-Louis Léonard (UMP)
« Ces premiers résultats ne nous suprennent pas beaucoup. Nous considérons que pour la présidente sortante, être quasiment à égalité avec son challenger en Charente-Maritime n'est pas un excellent résultat. On va voir maintenant comment elle va se débrouiller avec la liste des écologistes. Mais tout ça veut dire quoi ? Cette élection, il faut la relativiser en raison du taux de participation qui est extrêmement faible. Ça veut dire que les gens s'en désintéressent et que cette élection n'est pas du tout représentative des forces politiques en présence. Franchement, je pensais que madame Royal ferait plus au premier tour. Maintenant, on va attendre le deuxième, avec les petits racommodages, les petits rafistolages entre les deux tours. Tout ça, ça laisse des traces, on verra... En tout cas, je félicite Dominique Bussereau parce que son score est tout à fait intéressant et encourageant. Ça démontre, en tout cas, l'enracinnement de Dominique Bussereau. Je ne suis pas déçu par le taux de participation parce que je n'ai jamais cru dans cette élection, pas plus que les gens n'y croient et la comprennent. Surtout quand on voit les petits arrangements de Madame Royal qui va chercher des Verts, des trucs... Moi je crois à l'élection d'un homme pour un mandat bien déterminé. Il est clair que ces élections de listes ou de partis ne représentent pas la valeur d'un homme. »

Marie-Paule Jamet (Europe-Ecologie)
« Avec notre score à deux chiffres on est désormais la troisième force politique régionale, donc de ce point de vue-là nous sommes satisfaits. Ce que l'on peut regretter c'est, par endroit, la grosse remontée du Front National, mais nous sommes très content d'être devant eux dans la région. Nous enregistrons un petit tassement par rapport aux Européennes, mais nous confirmons l'importance d'Europe Ecologie dans le paysage politique Français. Nous espérions bien sûr attendre les 15 %, mais ce que nous attendions surtout c'était de passer la barre des 10 %. Ça, on l'a fait et c'est une confirmation de ce que Europe Ecologie peut faire en Poitou-Charentes et en France. »

Elisabeth Baston (Front National)
« Par rapport à ce qu'on nous avait prédit, ce n'est pas mal, mais nous sommes bien sûr déçus de ne pas avoir dépassé la barre des 10 % qui était impératif pour se maintenir au 2e tour. C'est très dommage, mais ça démontre que nous ne sommes pas la force politique complètement anéantie comme on nous l'avait l'annoncé. Au plan national, nous sommes à 12 % et en position de nous maintenir dans la moitié des régions, ça c'est un motif d'espérance pour les prochaines élections, notamment en Poitou-Charentes et en Charente-Maritime. Ce mode de scrutin qui impose 10 % pour se maintenir au second tour a été instauré pour éliminer les petites formations, en particulier le Front National, c'est certain. En 2004, ça nous a été préjudiciable, deux ans après la présidentielle de 2002 où, on s'en souvient, Jean-Marie Le Pen était présent au second tour. Malgré cette conjoncture l'avenir n'est pas complètement bouché pour le Front National comme nos adversaires l'ont fait entendre ces derniers temps. (...) Je pense que la partie de notre électorat qui, en 2007, a assuré le succès de Nicolas Sarkozy, s'est déclarée très déçue de la politique que mène ce dernier qui consiste à ouvrir systématiquement à gauche. Ces gens-là, certainement, ont voté pour les listes du Front. Mais nous n'avons pas que des déçus de l'UMP, nous avons aussi des gens qui souffrent des conséquences de la politique actuelle, en particulier sur le plan économique.

Gisèle Jean (Front de gauche)
« Notre score en Charente-Maritime est moins bon que dans le reste de la région car nous y avons lancé notre campagne très très tard, mais 4,66 % ce n'est pas mauvais, en tout cas c'est meilleur qu'aux Européennes. Je dois dire aussi que nous avons eu une couverture médiatique assez faible par rapport, par exemple, à la présidente sortante. Nos listes se sont faites un peu au dernier moment, dans la précipitation, mais c'était des listes solides avec un vrai projet Front de gauche. Maintenant, c'est vrai qu'une campagne ça se mène avec des moyens financiers, avec de la communication de long terme. Il faut dire aussi qu'en Charente-Maritime, nous avons eu des oppositions contre la gauche assez lourde. »

Elisabeth Delorme-Blaizot & Jean-Noël Debroise (MoDem)
« Les résultats obtenus par la liste du «Mouvement démocrate-Alliance Écologiste Indépendante» de Poitou-Charentes doivent être lus à la lumière des manoeuvres politiciennes auxquelles la presse a donné une audience disproportionnée. Nous nous félicitons, malgré ce contexte délétère, d'avoir fait la preuve de notre capacité à construire une liste et un programme politique durable et humaniste dont le contenu économique, environnemental et social a été largement occulté. Nous saluons la mobilisation et l'acharnement des têtes de listes, des candidats et des responsables départementaux et régionaux pour permettre à la démocratie et au pluralisme de s'exprimer face à la volonté de Madame Royal de réduire l'expression démocratique. Cette campagne a néanmoins permis de présenter aux électeurs une politique nouvelle capable de redonner dans le futur sens et vitalité à notre démocratie, en apportant par sa proximité citoyenne des réponses aux difficultés de tous les jours et en garantissant durablement une qualité de vie partagée.
Nous remercions chaleureusement les électeurs qui nous ont fait confiance et qui nous demandent ainsi de poursuivre dans cette direction. Nous prenons acte de ces résultats qui nous écartent directement du second tour. »

Myriam Rossignol (Pour une alternative à gauche)
« Une fois de plus, force est de constater que c'est l'abstention qui a obtenu le meilleur score partout en France et en Poitou-Charentes. Les électeurs ont de plus en plus de doutes sur la démocratie telle qu'elle fonctionne dans ce pays. La majorité des élus sont des politiques hors sol, complètement coupés des réalités. Beaucoup ne font plus de politique, ils vivent de la politique. C'est pour cela que nous revendiquons un seul renouvellement des mandats électoraux et la proportionnelle intégrale.
Pendant des mois, nous avons cherché à construire l'unité à la gauche du PS.  Nous regrettons qu'elle n'ait pas pu se réaliser complètement. Et c'est dommage car elle aurait pu créer une dynamique plus importante autour de ces échéances régionales.
Mais battre la droite, c'est aussi faire reculer les réformes réactionnaires en cours. Il faut rapidement remettre en cause ce système capitaliste injuste. C'est pour cela qu'il faudra être nombreux dans la rue le 23 mars pour le partage du travail et des richesses, contre la réforme des retraites, pour la défense et le développement des services publics. Comme les peuples grec et islandais l'ont fait, nous devons réaffirmer que ce n'est pas à nous  de payer leur crise. »

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Le dossier
Le 12 décembre, à 7 h 45, en gare de Poitiers, un groupe de femmes, trente-cinq au total, a pris le train pour Strasbourg, destination le Parlement européen, pour une visite guidée, par la députée européenne Élizabeth Morin-Chartier, élue de la très grande région 'Grand ouest': Bretagne - Pays de Loire - Poitou-Charentes.