On a gagnéééééééé !!!
Edito paru dans l'HEBDO n° 648 du jeudi 18 mars 2010
Oui, on a gagnéééééééé !!! Vous avez gagné. J'ai gagné. Nous avons gagné. Ils ont gagné. Tout le monde a gagné, personne n'a perdu. À part ma voisine, la mère Michèle, qui a perdu son chat. D'ailleurs, si par bonheur, vous le retrouvez, Tél. SVP au 07 42 84 99 70. Merci !
Retour au 1er tour des Régionales, si vous le voulez bien. C'est le petit bonheur ou la grande hilarité de l'après scrutin : les résultats tombés, tout le monde est satisfait, tout le monde a gagné, même (surtout ?) ceux qui ont pris de grosses fessées cul nu. Ceux qui sont en tête ont de légitimes raisons de claironner, même si, le plus souvent, ils la jouent plutôt modeste. « Oui, on est en tête, c'est normal on a beaucoup bossé, mais on aurait pu faire mieux... » Classique.
Mais c'est derrière que c'est le plus drôle, avec des nuances et de la finesse qui voudraient faire passer les claques pour des caresses. Ça va du « On a perdu, mais ce n'est pas notre faute », au « On a perdu, mais ça aurait pu être pire, donc on est contents », en passant par les monuments de mauvaise foi : « De toute façon on savait que c'était cuit d'avance ». La seule once d'honnêteté intellectuelle et politique, on la trouvera chez François Bayrou qui, les résultats tout juste proclamés, avouera avoir été mauvais et avoir fait de mauvais choix. Beau courage politique, mais à force de jouer à Caliméro qui trouve tout ça « vraiment trop inzuste », la coquille va finir par le recouvrir et on ne le verra plus. Mais ce n'est là
qu'épiphénomène politique et la vraie leçon à retenir de ce scrutin c'est que le parti unique, ça ne marche plus. La France politique est multiple, un arc-en-ciel de tendances et de nuances, un puzzle dont les pièces doivent s'imbriquer à la perfection pour faire un tout. Nicolas Sarkozy appelle ça l'ouverture, Ségolène Royal ne lui a pas donné de nom, mais l'esprit est le même. Rassembler, mélanger, mixer, au risque de déplaire aux purs et durs, c'est le prix à payer pour espérer devenir 1er de la classe. À défaut de mixité sociale, la mixité politique fonctionne. Mais ça, c'est le plus facile de l'exercice électoral. Parce que celui dans lequel ils ont tous échoué, c'est de convaincre de venir aux urnes tous ceux qui se sont abstenus. Là, ils ont tous perduuuuuu !!!
Article rédigé par :