Article du 05/08/2010 à 10:42
Manifestation: Les gens du voyage en colère
Les gens du voyage ont manifesté ont manifesté devant la préfecture de Charente-Maritime mardi 3 août. (photo C.F)
Une bonne centaine de gens du voyage venue de toute la Charente Maritime a manifesté, mardi 3 août, devant la préfecture de la Rochelle, suite aux propos tenus à leur encontre par Nicolas Sarkozy.

Les associations et collectifs de gens du voyage du département ont manifesté, mardi 3 août, devant la préfecture de la Charente-maritime à La Rochelle, pour protester contre les propos tenus par Nicolas Sarkozy à leur encontre. Une stigmatisation qui fait suite aux récents événements qui se sont déroulés à Saint-Aignan dans le Loir-et-Cher, où des gens du voyage ont vivement réagi à la suite de la mort d'un des leurs lors d'un contrôle de police. Christian Joubert du collectif voyageurs gadgés de Surgères souligne : « c'est une réaction de colère qui dépasse ce qui est acceptable mais qui ne regroupe pas ce que sont les gens du voyage. Ça aurait pu se passer dans d'autres milieux. On les montre du doigt pour cacher d'autres problèmes parce qu'on a toujours besoin d'un bouc émissaire. » Rosita Brun, présidente de l'Association départementale voyageurs gadgés de Charente-Maritime (ADVG 17), a pris la parole sur le parvis de la préfecture avant d'être reçue par le secrétariat du cabinet du préfet. Elle était, entre autres, accompagnée de Sophia Cateau vice-présidente de l'ADVG 17, Maxime Petric président de l'Association de promotion des gens du voyage (APVG) de Royan ou encore de Philippe Fléchais du collectif voyageurs gadgés de Surgères. Rosita Brun précise : « de nombreux voyageurs nous ont partagé leur profonde déception et désarroi d'être une fois de plus associés à la malhonnêteté et à la délinquance. (...) Nous sommes des citoyens français intégrés depuis plusieurs générations dans les communes, travaillant pour bon nombre d'entre nous, payant nos impôts, accompagnant nos enfants à l'école et nous engageant dans la vie sociale. » Par la voix de la présidente de l'ADVG 17, les gens du voyage demandent l'abolition du carnet de circulation : « on doit le faire signer en mairie tous les 3 mois, sinon nous sommes soumis à des amendes. Nous voulons une carte d'identité comme tout le monde. Avec le carnet de circulation nous ne pouvons pas avoir de compte en banque, pas d'adresse pour nos jeunes à donner aux entreprises quand ils cherchent un emploi, sans oublier qu'il faut quitter son travail pour aller le faire signer puisque ce n'est pas possible le week-end. » Ils souhaitent aussi que soit levée l'obligation de rattachement à une commune plus de 3 mois pour avoir le droit de vote. Et plus d'aire d'accueil dans les communes : « celles de plus de 5 000 habitants ne respectent pas cette obligation. Et ceux qui travaillent sur les marchés, l'été, ne trouvent pas de place et s'organisent en camps sauvages qui sont sans cesse déplacés par les gendarmes. C'est sans fin ». Problème d'aire d'accueil qui se soulève aussi face à la difficulté d'acheter un terrain pour se sédentariser : « nous souhaitons le faire parce que nos enfants veulent aller à l'école. Mais nous ne pouvons pas avoir de compte en banque, donc pas de crédit possible. »
Une jeune femme lâche alors dans la foule : « on a les mêmes devoirs que tout le monde on veut les mêmes droits, c'est tout. »

Article rédigé par :
Carine FERNANDEZ

Actualité Flash info
Le dossier
Le 12 décembre, à 7 h 45, en gare de Poitiers, un groupe de femmes, trente-cinq au total, a pris le train pour Strasbourg, destination le Parlement européen, pour une visite guidée, par la députée européenne Élizabeth Morin-Chartier, élue de la très grande région 'Grand ouest': Bretagne - Pays de Loire - Poitou-Charentes.