Article du 04/02/2012 à 09:00
L'amendement qui fâche retiré
Ils étaient environs 250 à manifester dans les rues de Châtelaillon, ici devant le Casino. (photo C. F.)
Le 28 janvier environ 250 personnes ont battu le pavé s'indignant contre la loi Léonard. Le député maire retirera l'amendement de la discorde.

Ou tout du moins un de ses amendements, comme le soulignait Mehdi El Bouali, président du Droit au logement de Charente-Maritime (Dal 17) : « Tout dans cette loi n'est pas à jeter, légiférer sur certains points est nécessaire. » Il a aussi rappelé, à l'issue de ce mouvement, « le courage politique » du député maire de Châtelaillon, Jean-Louis Léonard : « Il a assumé jusqu'au bout en nous recevant. Il ne faut pas oublier que cette loi a aussi été votée par le PS », fustigeant ainsi les récupérations politiques de ce mouvement de contestation. Ce qui dérangeait, au final, dans cette loi, était principalement l'interdiction de rester plus de
3 mois en hébergement dans un camping, sans avoir de résidence principale, portant ainsi un coup fatal aux personnes n'ayant pas d'autre choix que de vivre en mobile-home à l'année. (voir L'Hebdo n° 745 du 26 janvier 2012).
Gérer les logements sociaux en flux
À l'issue de la manifestation, Jean-Louis Léonard a reçu une délégation composée notamment de Monseigneur Gaillot, de Jean-Baptiste Eyraud fondateur et porte-parole du Dal, de Mehdi El Bouali du Dal 17, d'Henri Moulinier président des droits de l'homme de La Rochelle et de Paul Lacoste de l'association Halem (Habitants de logements éphémères ou mobiles). Tous se sont entendus sur la crise du logement en France et en Charente-Maritime et sur la pression foncière. Le député maire a rappelé que sa ville était classée 4e en terme de logements sociaux sur les 18 communes de l'agglomération rochelaise et qu'il se « bat pour une gestion en flux des logements sociaux [dans les villes] et non en stock. »
Jean-Louis Léonard s'est dit prêt à modifier l'amendement qui pose problème aux associations tout en commentant : « Il s'agit de 3 lignes dans un texte de 30 pages qui peuvent en effet être mal interprété ». Le député maire a proposé de demander au Sénat de supprimer cet amendement : « S'il ne le fait pas, je le ferai », a-t-il ajouté.
Oui à la domiciliation
Ce dernier a, par contre, été intransigeant sur la déclaration des personnes logeant en camping auprès de la mairie : « On voit arriver dans les CCAS des régions touristiques des familles avec enfants qui cherchent un logement. Ils habitaient dans un mobile-home et on ne le savait pas ». Jean-Louis Léonard ne voit pas comment assurer le suivi social de ces personnes sans savoir où ils sont domiciliés. Se pose aussi, pour lui, la question de l'existence civile des personnes sans adresse. Pour Jean-Baptiste Eyraud la seule solution est en effet « la domiciliation » des habitants des campings « dès lors, ajoute-t-il, il ne leur sera pas interdit d'y rester ». Acquiescement du député maire : « Les domicilier, c'est leur donner un statut et c'est le but. On a transformé ces gens en clandestins, et je ne l'accepte pas », tombant ainsi d'accord sur la domiciliation et souhaitant « mettre en place une mesure transitoire pour que les personnes puissent se domicilier. » Et c'est aussi pour cela que ce dernier a insisté sur la partie de la loi énonçant l'obligation de déclaration en mairie des résidents de camping : « C'est essentiel qu'ils soient connus pour que les maires vérifient leurs conditions de logement », et pour éviter les abus déjà constatés de visu par le député maire. Ce dernier a aussi insisté sur la mixité des campings entre logement permanent et accueil touristique pour ne pas créer de ghettos.

Article rédigé par :
Carine FERNANDEZ

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