Article du 17/02/2010 à 18:05
Il faut arrêter de nous casser les... rêves
Edito paru dans l'HEBDO n° 644 du jeudi 18 février 2010.

Ce n'est pas pour ajouter à la morosité ambiante, mais qu'avons-nous encore de chaud et de brillant sinon nos rêves et nos espoirs de lendemains qui chantent ? Alors quand deux perfides scientifiques anglais du King's college de Londres nous annoncent, avec aplomb et certitude, que le point G n'existe pas, c'est la terre qui s'ouvre et le ciel qui nous tombe sur la tête. Des heures, des nuits, des années de quête du Graal, couronnée de succès ou entachée d'échec (mais porteuse d'espoir), pour rien ? Pas possible ! Impossible ! Trop injuste ! Pourtant, en 1950 le professeur Ernest Gräfenberg était catégorique. Il l'avait mis en évidence, lui, la réalité du point G... Et tout le monde avait sauté au plafond... même celles qui n'avaient jamais mis le doigt dessus, parce qu'un jour peut-être (ou sûrement). Ce que nous dit Tim Spector, professeur d'épidémiologie génétique, qui a mené l'étude du King's College, c'est que « le point G est une donnée totalement subjective ». Andrea Burri (psychologue) qui a participé aux travaux ajoute : « Il est totalement irresponsable de proclamer l'existence d'une entité dont il n'existe aucune preuve et, ce faisant, de mettre la pression à des femmes, qui se sentent diminuées, handicapées par le fait de ne pas correspondre à la norme. » Et l'espoir, le rêve, l'esprit Don Quichotte, amis scientifiques peine à jouir ? On peut, éventuellement, à la rigueur, accepter l'idée que le point G n'existe pas physiquement, à la manière du nez au milieu de la figure, mais qu'on ne nous enlève pas l'espoir d'accéder un jour à la récompense des sensations que sa quête procure. Ce peut être la quête d'une vie ou celle d'une nuit. Qu'importe ! Car, comme l'a très justement affirmé la sexologue Beverly Whipple, en 1981 : « On ne naît pas avec un point G, on le trouve. » Ce qui ne fait pas de celles qui ne l'ont pas encore trouvé des 'handicapées' comme le souligne Andrea Burri, mais des femmes porteuses d'au moins un but dans leur vie. La découverte du point G peut être un long travail, qui réclame opiniâtreté et abnégation, qui demande de mettre du coeur à l'ouvrage. C'est une quête, une croisade. C'est mieux que le loto car les chances de gagner sont nettement plus élevées et c'est moins cher. Et si le partenaire est défaillant, on peut s'y coller seule. Une chance au grattage, une chance au tirage...
Les conclusions de cette étude anglaise sont tout simplement inhumaines. Comme le soulignait (l'excellent) François Morel « Dire que le point G n'existe pas, c'est comme dire à François Bayrou que le centre n'est qu'une vue de l'esprit. » Trop dur !
Dommage qu'il soit trop tard pour déposer une nouvelle liste pour les régionales car, en prenant le contre pied de cette étude scientifique qui raie le point G de la carte du plaisir, il y a matière à construire un programme nouveau. Le thème de campagne serait celui du refus de la résignation. Un thème porteur dans cette époque de déshérence et de désespérance, marquée par l'absence de vrais projets et de buts affichés. Sur le principe de la quête du Saint G tout devient possible. Et avec un tel programme, il est possible de mobiliser, de fédérer la terre entière. Ceux qui savent qu'ils peuvent atteindre tous les points G de la vie et aussi ceux qui doutent. Car, à ceux-là, il leur sera brandi en étendard ces paroles de Cyrano à Roxane : « Que dites-vous ?... C'est inutile ?... Je le sais ! Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès ! Non ! Non ! C'est bien plus beau lorsque c'est inutile ! »


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Le dossier
Le 12 décembre, à 7 h 45, en gare de Poitiers, un groupe de femmes, trente-cinq au total, a pris le train pour Strasbourg, destination le Parlement européen, pour une visite guidée, par la députée européenne Élizabeth Morin-Chartier, élue de la très grande région 'Grand ouest': Bretagne - Pays de Loire - Poitou-Charentes.