Article du 22/10/2009 à 07:02
Hommage à Jean-Pierre Jacques
Toujours en mouvement, Jean-Pierre Jacques aimait avant tout servir. (photo archives M. T.)
Jean-Pierre Jacques, maire d'Archingeay, s'en est allé des suites d'une rupture d'anévrisme. Dans le coma depuis le mois de juin, il s'est éteint dans la nuit, samedi 17 octobre. Hommage.

Maire d'Archingeay, président, jusqu'à l'an dernier, de la CDC de Saint-Savinien entre autres mandats publics, membre de nombreuses associations locales, en particulier du Rotary-Club de Saint-Jean-d'Angély, dont il était le président sortant, Jean-Pierre Jacques est décédé, samedi 17 octobre, à l'âge de 71 ans, victime des suites d'une rupture d'anévrisme survenue fin juin. Ses obsèques ont été célébrées mardi après-midi en l'église de sa commune qu'il avait largement contribué à rénover et dont il aurait tant souhaité voir le chantier intérieur achevé. Il repose aujourd'hui dans le caveau familial du cimetière de sa commune d'adoption pour laquelle il s'est tant donné. Ses obsèques se sont déroulées en présence de nombreux élus d'Aunis et de Saintonge et d'une foule d'anonymes, amis et concitoyens, venus rendre ensemble un dernier hommage à un homme qui, sa vie durant, n'a eu et observé qu'une devise : servir.

« Mon ami »

Troisième d'une fratrie de cinq frères et soeur, Jean-Pierre Jacques est né à Cravans en 1938, dans une famille de viticulteurs, qui a su lui donner le goût de la vigne, du milieu rural, et une éducation qui, d'abord, le conduit au petit séminaire de Saintes, en compagnie du futur père Gilbert, le 'curé des loubards', natif de Crazannes. Bac littéraire, puis... 28 mois de service militaire, dont 18 en Algérie, avec des galons de maréchal des logis-chef. Une période douloureuse de sa vie qui l'a profondément marqué. Celui qui, par l'exemple familial, par ses études, avait développé ses qualités d'écoute, de don de soi, d'aide aux autres, découvrait la rudesse de l'autorité, l'absurdité de la guerre...
À peine de retour chez lui, Jean-Pierre Jacques, qui envisageait une carrière de médecin, doit entrer, dès 1962, dans le monde du travail, à la suite du décès prématuré de son père. Il devient technicien en prévention à la MSA, s'installe à Archingeay en 1988 avec sa femme, Marie-Thérèse Archambault, originaire de la commune. À la MSA, il prend le poste de contrôleur. Mais un contrôleur qui, au lieu de réprimer sans état d'âme les retards de cotisations, savait toujours trouver 'la solution' pour les agriculteurs en difficulté. Nombreux sont ceux qui se souviennent de sa convivialité, de cette façon si chaleureuse qu'il avait de dire : « Mon ami »
Jusqu'à la retraite, en 1997, il sera, toujours au sein de la MSA, technicien conseil pour la prévention des accidents en agriculture. Parallèlement, Jean-Pierre Jacques se lance très vite dans le monde associatif, avec, d'abord, une fonction d'opérateur dans un cinéma rural itinérant qui organisait des projections dans la région de Cozes et de Gémozac.

40 ans de vie publique

C'est à la fin des années 80 qu'il s'engage dans la vie publique
arcantoise avec un premier mandat de conseiller municipal en 1989, puis d'adjoint au maire. L'année suivante, il s'assied dans le fauteuil de 1er magistrat jusqu'au jour fatal de son accident. En vingt ans, il a su offrir à ses concitoyens quelques réalisations majeures : une nouvelle mairie, l'aménagement des écoles, le réaménagement de la salle municipale, la réhabilitation extérieure de l'église et, tout récemment, l'installation de l'assainissement collectif. Et il montait un nouveau dossier : la réfection intérieure de l'édifice paroissial...
En 1995, il est élu à la présidence de la CdC du Pays savinois et effectue deux mandats jusqu'en 2008. Il tiendra également la vice-présidence du Pays des Vals de Saintonge, la première vice-présidence du Smictom Vals Aunis, la présidence du Syndicat de voirie des cantons de Saint-Savinien et de Tonnay-Boutonne, des responsabilités au sein du Syndicat des eaux et de l'Association des maires du département... Ce qui lui laissait encore le temps de militer dans plusieurs associations locales, d'être choriste au sein du centre vocal Évasion, de cultiver son jardin... et ses hortensias, d'aider son épouse à gérer leurs chambres d'hôtes.
Jean-Pierre Jacques, c'est 40 ans de vie publique, 40 ans de disponibilité, de générosité, de relations humaines. Lors de ses obsèques, bien plus que l'aspect officiel de sa vie, c'est cette part intime du don de soi que ceux qui lui ont rendu hommage ont mis en avant. Une humanité suffisamment rare pour qu'aucun de ceux qui l'ont connu ne l'oublie.



Un rotarien qui "servait d'abord'

C'est en 2003 que les Rotariens de Saint-Jean-d'Angély ont accueilli Jean-Pierre Jacques parmi eux.

Par Serge HIREL.

Malgré ses multiples activités, il avait depuis lors toujours trouvé du temps pour participer aux différentes actions du club, se transformant s'il le fallait en meunier pour accueillir les participants à un rallye promenade au moulin de Saint-Marmé, assurant aussi avec beaucoup de soin la tâche délicate de responsable du protocole.
Lorsque son tour est venu d'en prendre pour un an la présidence, en juillet 2008, il a voulu donner de l'ampleur à l'action en faveur des jeunes avec, en particulier, une campagne de prévention contre la consommation excessive d'alcool et l'accueil d'Octavio, un jeune lycéen mexicain hôte du club pour un an dans le cadre des échanges internationaux d'étudiants initiés par le Rotary International.
Mais le moment le plus fort de sa présidence est sans nul doute la venue à Saint-Jean-d'Angély, durant le week-end du 1er mai, en collaboration avec le Salon du Livre, de son ami, le père Guy Gilbert. À la salle municipale ou à l'église, plusieurs centaines de personnes ont écouté son message, découvert un personnage hors du commun, au verbe détonant, apprécié ce prêtre qui consacre sa vie et son sacerdoce aux jeunes en difficulté.
Enfin, deux autres actions ont encore marqué son année de présidence : un salon de l'auto et une soirée basque, organisés au profit de la recherche contre les maladies du cerveau - qui aurait pu dire alors qu'il allait en être victime ?.. - et un concert donné par Chorus 17, dont les bénéfices ont été remis à l'association Les Ayles, qui promeut l'insertion des personnes en situation de handicap dans les clubs sportifs. Un monde de l'handicap que le conseiller en prévention de la MSA connaissait bien pour l'avoir approché au sein des centres d'aide par le travail (CAT).
Cela a été sa dernière action, le
19 juin. Le 23, Jean-Pierre Jacques sombrait dans le coma, après une vie bien remplie, au cours de laquelle il a appliqué à chaque instant la devise du Rotary : « Servir d'abord ».






Jean-Pierre Jacques et son copain du petit séminaire, le Père Guy Gilbert, dit 'le curé des loubards'
Actualité Flash info
Le dossier
Le 12 décembre, à 7 h 45, en gare de Poitiers, un groupe de femmes, trente-cinq au total, a pris le train pour Strasbourg, destination le Parlement européen, pour une visite guidée, par la députée européenne Élizabeth Morin-Chartier, élue de la très grande région 'Grand ouest': Bretagne - Pays de Loire - Poitou-Charentes.