Article du 12/08/2010 à 12:17
Environnement:Le marais Poitevin Victime d'assecs
Bras de la Courance près de Mazin (79). (photo C.F.)
Les associations de défense de l'environnement de Charente-Maritime et des Deux-Sèvres alertent sur le déficit chronique en eau dans le Marais Poitevin.

Carine FERNANDEZ.
Tous les ans le Marais Poitevin est en situation de crise sur tous les versants du Poitou-Charentes et de la Vendée », ont souligné François-Marie Pellerin président de la coordination pour la défense du Marais Poitevin, Patrick Picaud Nature environnement 17, Emmanuel Hecht de l'Association d'information et d'étude de l'eau et de son environnement 79 (APIEEE), Catherine Tromas de Deux-Sèvres nature environnement (DSNE), au lendemain de la parution d'un arrêté préfectoral de mesures de restriction des prélèvements en milieu naturel pour l'irrigation. Il préconise pour la Charente-Maritime, un arrêt total de ces prélèvements sur les bassins de l'Antenne Rouzille, sur les bassins du Mignon, de la Boutonne, du Né, du Lary-Palais et du Marais Sud de Rochefort. Des restrictions de volumes sont préconisées sur le bassin Gères Devise, Curé Sèvre niortaise, Sèvre Niortaise DPF, Seudre, Charente, Seugne, Aume Couture et Arnoult. Un arrêté préfectoral total qui selon les membres des associations présentes : « a déclenché un arrêté total lundi 9 août imminent dans les Deux-Sèvres. »
Les associations de défense de l'environnement des deux départements parlent d'un « problème de fond sur les volumes prélevables et leurs contrôles. » Autre problème récurrent sur le secteur c'est la différence de traitements entre les départements : « lorsqu'on est dans un bassin les lignes administratives n'ont pas de sens avec la gestion de l'eau, or les arrêtés préfectoraux sont délivrés par départements », précise François-Marie Pellerin. Devant le Vieux Mignon à la Névoire (79), limitrophe à la Grève-sur-le-Mignon (17), un bras qui alimente le Marais Poitevin le président de la coordination pour sa défense explique : « ici il manque 63 cm mais dans certains fossés il n'y a plus d'eau. Toutes les fonctionnalités des zones humides ne marchent plus dont celle de purification. Il n'y a plus rien, seulement les écrevisses de Louisiane et les poissons chats ! ». Soit les espèces invasives.
Quotas élevés
Autre problème sur le secteur, bien spécifique au marais, est la fuite d'une partie de l'eau vers les nappes phréatiques quand leur propre niveau baisse « qui est plus élevée que l'évaporation. C'est un système irréverscible juqu'au mois d'octobre prochain. » Et face à tout cela « les volumes prélevés sont au-delà des volumes supportables par le milieu. » (voir encadré)
Les associations de défense de l'environnement parlent de quotas établis entre 2001 et 2004 « des années de références ou les prélèvements étaient très élevés avec des arrêtés individuels chaque année qui permettent aux irrigants de savoir ce qu'ils ont le droit de prélever. Forcément on est en situation de crise, les seuils sont bien trop bas pour protéger le milieu. » Pour les associations l'arrêté total arrive avec au moins 3 semaines de retard : « mais heureusement les sources locales d'observation ont été prises en compte. » Soit la source de Chambon à Crépé, la Vendié au pont de la Boisse à Marsais, la Subite à Marsais et la Tourbière d'Amuré au Bourdet.
François-Marie Pellerin, Patrick Picaud, Emmanuel Hecht et Catherine Tromas pointent aussi du doigt l'incohérence de gestion entre les deux départements : « quand on est en limitation, en ce qui concerne les modalités d'application c'est le jour et la nuit selon les arrêtés en terme de volumes ». En Deux-Sèvres les modalités sont appliquées par semaine avec des quotas par semaine, alors qu'en Charente-Maritime les irrigants ont un cotat annuel : « du coup quand on arrive à la restriction en Deux-Sèvres une baisse de 33 % est préconisée et en Charente-Maritime la réduction existe mais dans ce qui reste à consommer. Donc, sauf en cas d'arrêté total, l'irrigant peu consommer ce qu'il veut. » Une cohérence « qui doit évoluer » et transformera peut-être l'état d'esprit de tous les acteurs de l'irrigation : « La veille de la restriction totale nous avons observé à la Grève, la Laigne et Cram Chaban 15 canons en fonctionnement. » Alors une des solutions avancées est la 'désirrigation' «qui commence en Deux-Sèvres surtout sur les bassins d'alimentation en eau potable. »

Volumes prélevés:
Les volumes prélevables en nappe aquifères en Charente-Maritime (bassin du Mignon) et Deux-Sèvres ( bassin Migon-Courance) confondus pour l'année 2009 se sont élevés à 10,53 millions de m3 (source DDT et ORE). Des volumes autorisés équivalents en 2010. Les volumes consommés représentent 56,4 % de ceux autorisés soit 5,94 millions de m3, 2,67 millions pour la Charente-Maritime et 3,27 millions en Deux-Sèvres. Le Schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) préconise l'autorisation d'un volume intermédiaire de 8,47 m3 pour les deux départements applicables en 2015 au plus tard. Et selon le projet adopté par la commission locale de l'eau SAGE et SNMP), dont l'enquête publique est en cours d'analyse il faudrait prélever 3,6 millions de m3 sur les deux départements, dont 1,1 en Charente-Maritime et 2,5 en Deux-Sèvres. Patrick Picaud de Nature environnement 17 souligne : « aujourd'hui on prélève presque trois fois plus en Charente-Maritime sur le bassin du Mignon que ne préconise ce projet. »

Article rédigé par :
Carine FERNANDEZ

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Le dossier
Le 12 décembre, à 7 h 45, en gare de Poitiers, un groupe de femmes, trente-cinq au total, a pris le train pour Strasbourg, destination le Parlement européen, pour une visite guidée, par la députée européenne Élizabeth Morin-Chartier, élue de la très grande région 'Grand ouest': Bretagne - Pays de Loire - Poitou-Charentes.