Des zones de danger mortel
Le préfet de Charente-Maritime a présenté
les cartes des zones de danger et les dispositifs d'accompagnement mis en place pour les habitants concernés.
« Je voudrai d'abord vous dire tout mon soutien aux victimes de cette catastrophe et à leurs proches, a indiqué, avec solennité, le préfet Henri Masse. J'ai pu constater moi-même en me rendant souvent sur le terrain, l'ampleur du drame qui a atteint chacun de nos concitoyens. Comme l'a dit le Président de la République, cet événement est une tragédie nationale. Il y aura donc un avant et un après Xynthia. Je voudrai aussi remercier tous ceux, dans les services de l'État, dans ceux des collectivités locales et en particulier les maires, qui depuis le premier jour se sont mobilisés sans relâche pour répondre aux attentes de nos concitoyens et qui continuent de le faire. C'est avec eux que nous allons faire en sorte qu'un événement tel que celui-ci, s'il se reproduisait, ne puisse plus avoir les mêmes conséquences. »
« Là ou la mer est venue, la mer reviendra »
Si, sur la plupart des communes, les tracés des 'zones noires', présentant un danger avéré de mort et des 'zones jaunes', présentant un risque pouvant être maîtrisé par des prescriptions complémentaires, sont dès à présent définis, il reste sur certaines des 'zones oranges' qui nécessitent une expertise complémentaire dans un délai d'un mois pour être classées noires ou jaunes. Le préfet a rappelé que le travail mené depuis le 28 février par les autorités publiques était fondé sur deux principes dictés par le discours que Nicolas Sarkozy, avait prononcé le 16 mars : protéger les vies humaines, y compris au besoin en décidant que certaines zones seraient rendues inhabitables et accompagner chaque sinistré jusqu'au rétablissement de conditions de vie normales, notamment en terme de logement.
Une méthodologie élaborée au plan national
Durant tout le mois de mars, une étude, conduite par des ingénieurs et des techniciens de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) renforcés par 14 expert nationaux (CETMEF, CETE, Dreal) et complétée par des visites de terrain et plusieurs échanges avec les maires, a permis d'identifier les zones présentant un danger pour la vie humaine. Leur définition a été faite selon une méthode élaborée au plan national et appliquée de façon homogène dans le département en combinant plusieurs critères dont : la hauteur et la vitesse de l'eau constatée lors de la tempête, la proximité d'un endiguement exposant certaines habitations à une inondation brutale, la topographie des sites lorsqu'elle aggrave les effets de l'inondation (cuvettes...) ou rend impossible les évacuations d'urgence et la possibilité de se protéger par l'aménagement des bâtiments exposés (refuge dédié) ou l'établissement de zones de repli accessibles par des chemins hors d'eau.
Accompagner les sinistrés
Un dispositif spécifique s'appuie sur trois cellules. La première est chargée de l'acquisition des habitations et des terrains localisés en 'zone noire'. L'État s'engage auprès de chaque sinistré à acquérir à l'amiable, par le biais d'un fonds d'acquisition, leurs biens à hauteur du prix du marché avant la tempête. L'évaluation du bien est effectuée par le service des Domaines. La première tranche de financement sera apportée par les assurances. Le complément sera apporté par l'État, par le biais du Fonds de prévention des risques naturels majeurs (dit Fonds Barnier). La seconde est chargée du relogement. Elle a pour objectif d'assurer une écoute des sinistrés, de les accompagner par une prise en compte des situations individuelles dans leur projet de relogement. Les conditions d'accès au crédit seront facilitées notamment au prêt à taux 0 et aux aides du 1 % logement. La troisième est une cellule de soutien psychologique et d'écoute. Elle est organisée par l'Agence régionale de santé et elle est disponible pour chaque personne qui le demande. Un numéro unique d'appel est à disposition des familles sinistrées : 0 800 00 17 00 ainsi qu'une adresse mail : info-xynthia@charente-maritime.pref.gouv.fr
Article rédigé par :
Frédéric GADREAU