Département: Une bourse contre la désertification médicale

Corinne Imbert, vice-présidente chargée des affaires sociales au Conseil général. (photo C. F.)
Le Conseil général s'est alarmé de la désertification médicale touchant certains territoires du département. Une bourse vient d'être mise en place pour y pallier.
Imbert, vice-présidente chargée des affaires sociales au Conseil général. Elle précise : « Les élus de l'arrondissement de Saint-Jean-d'Angély se sont aussi beaucoup impliqués dans ce groupe de travail. » Et pour cause, puisque cette désertification médicale touche, pour moitié, le nord du département, les cantons de Loulay, Aulnay et Matha « où deux départs en retraite n'ont pas été remplacés », souligne l'élue ; Gémozac, Archiac, Jonzac, Montendre, Montlieu-la-Garde et Monguyon pour le sud (voir carte). Corinne Imbert ajoute : « Le secteur urbain est moins prenant, mais il existe tout de même une inquiétude ». Aujourd'hui, la médecine générale intéresse moins les futurs praticiens : « Seuls 31 % des médecins partis en retraite ont été remplacés, en France, et ceux qui arrivent sont tentés par le salariat. Les facultés de Limoges et Poitiers n'ont pas fait le plein en médecine générale. Certains préfèrent redoubler que d'effectuer leur internat en médecine générale. »
Concrètement, cette bourse s'adresse aux étudiants de 3e cycle de médecine générale et couvre les 3 ans d'étude de la spécialité. Les étudiants boursiers recevront 800 € par mois la 1re année d'étude (9 600 €/an) ; 1 100 €/mois la 2e année (13 200 €/an) ; 1 600/mois la
3e année (19 200 €/an) ; soit 42 000 €/3 ans. En contrepartie, les futurs médecins s'engagent, une fois leur diplôme obtenu, à s'installer dans une zone de désertification médicale définie par le département pour y exercer pendant 4 ans. Des zones vouées à « bouger d'une période à l'autre, selon les départs et les arrivées de médecins », commente l'élue.
Une bourse 'coup de pouce'
Le Conseil général a aussi obtenu un accord de principe de la part du directeur de l'Agence régionale de la santé (ARS), pour que ces nouveaux médecins soient aussi en lien avec les hôpitaux de proximité, comme celui de Saint-Jean-d'Angély : « Ils pourront y effectuer des vacations et ainsi garder du lien avec des équipes hospitalières. »
Cette bourse a été mise en place suite au constat effectué par les élus locaux, ces derniers ayant fait remonter leurs inquiétudes à leurs homologues du département : « C'est aussi une inquiétude de la population et un questionnement sur l'aménagement du territoire », ajoute Corinne Imbert.
Le groupe de travail a été constitué en 2011, comprenant des élus du Conseil général, des représentants de l'ARS, de l'ordre des médecins de Charente-Maritime et la faculté de médecine de Poitiers. Corinne Imbert a ensuite présenté les résultats de la réflexion à ses confrères du Conseil général qui ont voté, en juin 2011, une enveloppe de 100 000 €, « qui peut ainsi répondre à environ 10 étudiants en 1re année de spécialisation ». Ce dispositif a ensuite été présenté à la rentrée dernière aux étudiants de 3e cycle des facultés de médecine de Poitiers, Limoges et Bordeaux et aux associations d'étudiants.
À ce jour, trois étudiants ont posé leur candidature avec des réponses qui devraient leur être communiquées en février : « Par cette bourse, on veut donner envie aux jeunes médecins de venir s'installer en Charente-Maritime, et aussi leur donner un coup de pouce pour franchir le pas. »
Article rédigé par :
Carine FERNANDEZ