Article du 21/05/2010 à 12:34
Cochon qui s'en dédit
Cékikiladi ?
Edito paru dans l'HEBDO n° 658 du jeudi 27 mai 2010

Ça vous dirait de jouer au 'Cékikiladi'. Je cite une phrase, je donne une indication - la date à laquelle elle a été prononcée, par exemple - et vous trouvez cékikiladi.
1993 : « J'ai voté pour le RMI et pour la retraite à 60 ans, que les choses soient claires ».
1993 (bis) : « Nous avons toujours été pour la retraite à 60 ans, nous avons simplement dit aux Français : « Attention à ce que celle-ci soit payée ». »
2008 : « Je dis que je ne le ferai pas, je n'en ai jamais parlé au pays et cela compte pour moi, je n'ai pas de mandat pour cela »
2008 (bis) : « Elle a le droit de dire ça, j'ai dit que je ne le ferai pas. Je n'en ai pas parlé pendant ma campagne présidentielle. Ce n'est pas un engagement que j'ai pris devant les Français. Je n'ai donc pas de mandat pour cela. »
Bon, pas la peine de donner la réponse, tout le monde a démasqué cet ardent défenseur de la retraite à 60 ans. Tellement défenseur que quand il affirme avoir voté pour la retraite à 60 ans, il n'était même pas encore député. En effet, l'ordonnance qui fixe l'âge légal de la retraite à 60 ans est datée du 26 mars 1982 ; le député Sarkozy est entré dans l'hémicycle... cinq ans plus tard, en 1988. Ironie de l'histoire, en 1993 c'est à un certain Dominique Strauss-Kahn qu'il répliquait.
Le même que l'UMP plébiscite à hauteur de 76 % pour sa position sur les retraites. En 2008, un an à peine après son arrivée sur le trône, il répondait à Laurence Parisot, présidente du Medef qui proposait de reculer l'âge légal de la retraite à 63 ans et demi. Que de temps perdu pour en arriver au même point. Ou presque. Ce n'est pourtant pas la première fois qu'il nous fait le coup. Alors pourquoi jouer les vierges effarouchées ? La langue française est riche d'expressions et dictons pour qualifier ce genre de propos. Par exemple : 'Cochon qui s'en dédit', qui « se réfère à une personne qui, si elle manquait à sa parole, serait ''un cochon''. Une promesse d'insulte en cas de parole manquée, en quelque sorte. » Mais ne dit-on pas aussi qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis ? Pas facile la langue française qui permet et excuse toutes les pirouettes. Une vraie langue d'acrobates.



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Le 12 décembre, à 7 h 45, en gare de Poitiers, un groupe de femmes, trente-cinq au total, a pris le train pour Strasbourg, destination le Parlement européen, pour une visite guidée, par la députée européenne Élizabeth Morin-Chartier, élue de la très grande région 'Grand ouest': Bretagne - Pays de Loire - Poitou-Charentes.