Article du 01/07/2009 à 16:36
Chronique juridique : Des mots aux gestes
L'audience correctionnelle du Tribunal de Rochefort de ce mardi a été marquée par des faits de violence, allant de celle des mots à celle qui tourne en tragédie.

Et c'est bien de tragédie qu'il s'agit, qu'on qualifiera d'absurde, pour cette première affaire qui concerne Angelino, un homme de 29 ans. En janvier 2007, celui-ci participait à une soirée festive avec 4 copains chez l'un d'entre eux à Marsaix. Vers 1 h du matin, le sujet vient sur les armes à feu et l'hôte sort sa carabine Winchester qu'il vient de faire réparer. L'arme passe de mains en mains et quand elle arrive dans celles d'Angelino, celui-ci fait le geste de l'essayer, ce qui amène une mise en garde de la part du propriétaire : « Fais attention, ne pointe personne avec la carabine, ça peut blesser quelqu'un ». Angelino raconte qu'il a alors voulu la poser sur la table mais qu'un coup est parti malencontreusement, blessant au visage Laurent, son voisin assis en face de lui. Les conséquences sont énormes : aujourd'hui, Laurent a une prothèse dans la bouche, son élocution est difficile et il commence seulement à reprendre son métier de musicien. Il était aussi chanteur mais ça c'est terminé.
« Vous aviez bu ? » demande le juge Prunier à Angelino. « Non... pas beaucoup, quelques bières et 1 apéritif » répond le prévenu. Quatre heures après l'accident, Angelino avait quand même encore 1,50 g d'alcool dans le sang. Le juge Prunier et la vice-procureur, Natacha Rateau essaient de faire préciser la scène au prévenu. Les témoins ont dit qu'il avait épaulé l'arme et mis en joue Laurent mais Angelino nie : « Je ne sais pas me servir d'un fusil, affirme-t-il, le coup est parti quand j'ai reposé l'arme ». Il répète plusieurs fois qu'il ne savait pas que l'arme était chargée...
« Un coup de fusil pour rien », résume maître Bonnin, qui insiste sur les termes de l'ordonnance de renvoi : « Blessures volontaires ayant entraîné une infirmité 7, car selon lui, la faute est tellement grave qu'elle en devient volontaire. « Je ne crois pas qu'il n'ait jamais touché une arme », ajoute-t-il, énumérant les trois actes nécessaires et... volontaires pour qu'un coup de fusil parte : armer le chien, épauler et appuyer sur le déclencheur ! Il demande pour son client 167 000 €, toutes formes de préjudices confondus. La démonstration est reprise par Natacha Rateau, qui ajoute que l'alcool est un facilitant de violence. Cependant, elle constate que le sentiment de culpabilité du prévenu n'est pas simplement « de façade » et elle en tiendra compte. Elle requiert 18 mois d'emprisonnement dont 9 avec sursis, avec obligation de soins, d'indemniser la victime et interdiction de porter une arme. Maître Sainderichin parle plutôt « d'imprudence caractérisée » et réfute l'intention délictuelle puisque son client ne savait pas que le fusil était chargé. « C'était accidentel » insiste l'avocat. Le tribunal suivra les réquisitions du substitut du procureur et le prévenu devra verser 25 130 € à la CPAM et 137 500 € à la victime.
Un autre dossier, de violence verbale cette fois, concerne un maçon d'origine turque, interpellé à Rochefort par les policiers le 21 avril dernier à 7 h du matin, parce qu'il téléphonait alors qu'il conduisait. Niant les faits, il s'est mis à injurier les policiers, utilisant tous les mots peu élégants que la langue française propose dans ce genre de situation et bien d'autres, laissés à la libre imagination de chacun ! « Une litanie d'outrages », résume Natacha Rateau, qui s'est terminée par un « J'em... la police française » ! Son explication pour cette dérive de vocabulaire : « Je n'aime pas qu'on me provoque le matin » ! A la barre, le prévenu nie les insultes et persiste à contester l'utilisation de son portable au volant : «Peut-être que je l'avais dans la main et que je me grattais la tête avec », explique-t-il... Son avocat, maître Doutreuve, renchérit : « Comment mon client a-t-il pu proférer toutes ces insultes alors qu'il parle à peine le français » ? Le tribunal n'est pas convaincu et condamne le maçon à 300 € d'amende et à payer 1 € symbolique aux policiers.
Comparution immédiate enfin pour un jeune homme de 21 ans, interpellé à Rochefort fin de semaine dernière pour avoir menacé avec un pistolet une automobiliste et s'être opposé aux trois policiers en brandissant devant eux un pic à glace, un fer à repasser... tout cela agrémenté de coups de pieds, de menaces de mort et d'injures peu châtiées ! Le jeune homme est multi récidiviste et son avocate, maître Thierry, parle d'attitude démente, de crises, de « problème de nerfs » évoqués d'ailleurs par la mère du prévenu ; elle demande donc une expertise psychiatrique. A la barre, le jeune homme est calme et présente ses excuses « surtout à la dame ». Pour attendre le résultat de l'expertise, l'affaire est renvoyée à l'audience du 28 juillet mais par mesure de sécurité, le prévenu restera en détention jusque-là.



Actualité Flash info
Le dossier
Le 12 décembre, à 7 h 45, en gare de Poitiers, un groupe de femmes, trente-cinq au total, a pris le train pour Strasbourg, destination le Parlement européen, pour une visite guidée, par la députée européenne Élizabeth Morin-Chartier, élue de la très grande région 'Grand ouest': Bretagne - Pays de Loire - Poitou-Charentes.