Chronique judiciaire :
Sur le thème de la violence
L'audience correctionnelle du mardi 1er septembre,
du Tribunal de Rochefort était placée sous le thème de la violence.
Difficile à avaler
Menace de mort envers sa concubine, destruction de bien sont les motifs pour lesquels comparaissait un homme de 30 ans.
Le casier du prévenu est déjà bien chargé, justement pour des faits de violence. Ceux qui le conduisent aujourd'hui devant le Tribunal ne dérogent pas à l'habitude. Les 12 et 13 juillet derniers, il apprend par une connaissance, que sa concubine a eu une relation avec un autre homme alors qu'il était en détention. Fortement alcoolisé, il demande à sa compagne des explications, le ton monte, il s'empare d'un couteau et menace de l'égorger. Ne s'arrêtant pas là, il s'empare de son portable et mord la carte Sim... « Une dispute sans violence », estime-t-il. Laurence Lepez, substitut du procureur, s'inquiète des dérapages de l'homme quand il est alcoolisé et constate la récidive. Elle requiert 1 an d'emprisonnement ferme, 75 € d'amende et ordonne la confiscation des scellés. Maître Sainderichin rappelle les grands principes de la relation amoureuse : « Si pas de jalousie ennui, si jalousie, enfer bestial »
Le Tribunal condamnera l'homme à 1 an d'emprisonnement ferme et 50 € d'amende.
Mauvaise relation
Un septuagénaire oléronais comparaît pour menaces sur son locataire avec une tronçonneuse
Pour maître Jourdain, l'origine de l'affaire est ancienne et date du jour où le propriétaire a enlevé de sa propre initiative le portail de la maison de son locataire, sans le prévenir. Ce dernier mécontent, avait porté l'affaire devant le Tribunal d'instance de Marennes, qui lui avait donné raison et qui avait ordonné au propriétaire de remettre le portail à sa place ! Le propriétaire aurait gardé une rancune envers son locataire et c'est ce qui l'aurait poussé à pénétrer il y a quelques mois dans le jardin de celui-ci muni d'une tronçonneuse, pour soi-disant effectuer des travaux de jardinage. Les deux protagonistes se disputent encore, le propriétaire brandit sa tronçonneuse dans la direction de son locataire en proférant des menaces de mort... ce qui pousse le locataire à décamper et à se réfugier à la mairie ! À la barre, le prévenu nie la version des faits : « J'étais allé pour couper du lierre et quand il est sorti, je me suis retourné avec la tronçonneuse à la main... Il a cru que je le menaçais ». Heureusement, aujourd'hui, « ça va mieux, on s'ignore, il est toujours mon locataire », ajoute le propriétaire qui a par ailleurs la réputation d'être 'atrabilaire'.
Maître Jourdain réclame 5 000 € pour le préjudice moral. Laurence Lepez, substitut du procureur, ne peut que constater la tension dans les relations et requiert 1 000 € d'amende. Pour maître Bonnin, l'affaire est confuse, le maire ne se souvient pas d'avoir abrité le locataire en fuite... et le plus important est que tout soit rentré dans l'ordre ! Il plaide la relaxe de son client et trouve la demande de la partie civile exorbitante : « 5 000 €, c'est ce qu'on demande pour une jeune fille violée », constate l'avocat. Le tribunal condamnera l'homme à la tronçonneuse 500 € d'amende, 500 € de dommages et intérêts pour le locataire et 800 € pour les frais de justice.
Article rédigé par Michèle BAZIN.