A la recherche des faons en forêt de Chizé

Pour les enfants, ces matinées de recherche ne sont que du bonheur. (photo J.-P. B.)
Dans la réserve biologique intégrale de la forêt de Chizé, on part de bon matin à la recherche des faons cachés par leur mère. Ceci dans le seul but de les recenser et les étudier. Une extraordinaire escapade matinale dans un milieu on ne peut plus naturel, en compagnie de chercheurs loin du cliché du 'crâne d'oeuf' de laboratoire. Une balade nature à laquelle tout un chacun peut prendre part.
Il faut se lever tôt, mouiller ses pieds dans la rosée du matin, accrocher ses vêtements aux ronces, mais la récompense est assurée.
En forêt de Chizé, la réserve biologique intégrale (RBI), la partie clôturée, offre son cadre à des battues bien pacifiques de recensement et d'étude de la population des chevreuils. La capture étant inévitable pour mener à bien, entre autres, le marquage et le relevé des caractéristiques physiques de petits groupes quadrillent régulièrement et matinalement les parcelles de la forêt à la recherche des faons et des adultes. Jusqu'au 10 juin, chaque mardi, mercredi et jeudi matin, la capture concerne plus particulièrement les faons, fraîchement nés, cachés par leur mère dans de hautes herbes ou au creux d'une souche.
La récompense dont il était question plus haut, c'est précisément la découverte d'un bébé, lové, craintif à la vue du groupe qui, lui, ne cache pas sa joie. Car les faons sont si bien cachés par leurs mères parties se nourrir, que les découvertes sont du pur bonheur.
Et quand on revient bredouille, la récompense d'une superbe balade matinale dans un milieu préservé et fermé, demeure.
Le retour du chevreuil
Le faon découvert, il est immédiatement marqué, mesuré sous toutes les coutures, pesé, examiné, photographié et immédiatement remis en place. Il commence là sa collaboration à la recherche scientifique sur son espèce, son marquage permettant de le retrouver et étudier son évolution.
Cette étude menée sur les cervidés depuis 1978 par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) en collaboration avec le CNRS, avec la participation de l'ONF, se déroule dans le cadre idéal d'une forêt rendue à son développement naturel. Après y avoir presque disparu après la dernière guerre, les chevreuils sont de retour en nombre en forêt de Chizé, l'antique sylve d'Argenson et par là même leurs prédateurs. Ce repeuplement naturel est une vraie réussite puisqu'on estime à 8 000 le nombre de chevreuils extraits de la forêt de Chizé réimplantés dans d'autres massifs français.
L'ONCFS et le CNRS mènent ici des études pluridisciplinaires sur la dynamique de la population chevreuils, avec un taux de marquage important, supérieur à 70 % de la population. Par la méthode CMR (capture-marquage-recapture) les scientifiques assurent un suivi serré de l'évolution de la population et des individus et collectent d'importantes données sur la survie et la reproduction de l'espèce, sur son adaptation au milieu et aux ressources changeantes que celui-ci peut offrir. Mais ce n'est là qu'un petit aspect des nombreuses et importantes études menées par l'équipe Biodiversité.
Amateurs curieux de nature
La mise en réserve biologique intégrale de la partie de la forêt de Chizé qui, pendant la guerre, abritait un camp de stockage de munitions, a permis à la population de chevreuils de se stabiliser naturellement, sans prélèvements par l'homme. Et au site de devenir référence nationale dans ce type d'études et de gestion de l'équilibre chevreuils/forêt.
Pour ces matinées de recherche des faons, ONCFS et CNRS invitent les amateurs curieux de nature à se joindre aux scientifiques pour arpenter la forêt et débusquer ces petites boules de poils craintives auxquelles aucun mal n'est fait.
Ces recherches se déroulent chaque mardi, mercredi et jeudi matin, de 8 h à 12 h et ce jusqu'au 10 juin. Prévoir son pique-nique à partager avec l'équipe, des bottes ou chaussures résistantes et des vêtements qui ne craignent pas les ronces.
Contact : Centre d'Études Biologiques de Chizé. Villiers-en-Bois. 79360 Beauvoir-sur-Niort. Tél. : 05 49 09 61 11.
Article rédigé par :