Dossier du 20/10/2011 à 09:48
TGV - TER: « J'arriverai à 8 h 04 à Niort alors que j'embauche à 9 h »
Les TER ne correspondront plus aux heures de travail des actifs, c'est pourquoi les usagers se mobilisent contre la décision prise par la direction de la SNCF. (photo C. F.)
Chaque jour, Véronique Duval prend le TER à Surgères pour rejoindre son lieu de travail à Niort. Elle fait partie des usagers mécontents des changements d'horaires qui manifesteront, le 17 octobre prochain.

Le 11 décembre prochain, entrera en vigueur les nouveaux horaires du TGV de la ligne La Rochelle/Paris. En découlera un changement de ceux des TER, en adéquation avec les premiers. Mais voilà, les usagers ne sont absolument pas satisfaits de ces changements car ils ne correspondent en rien à leurs besoins. Véronique Duval, habite Surgères et prend quotidiennement le TER depuis 3 ans pour se rendre sur son lieu de travail à Niort. Elle explique : « Avec les nouveaux horaires je devrai prendre le TER à 7 h 42 au lieu de 8 h 01, ce qui me fera arriver à 8 h 04 à Niort alors que j'embauche à 9 h. » Un changement qui ne correspond plus aux contraintes quotidiennes de cette mère de famille et qui bouleverse tout sur son passage : « ça fait
19 minutes plus tôt tous les jours, ce qui désorganise ma vie familiale car le train part bien avant le départ à l'école », lâche Véronique Duval avant de citer le cas de certains usagers du canton de Surgères dont la garderie ouvre à 7 h 30 : « Prendre ensuite le train à 7 h 42 à Surgères quand on habite Saint-Germain-de-Marencennes ou Saint-Georges-du-Bois, c'est impossible, ils n'ont plus le temps matériel de déposer leurs enfants à la garderie. C'est vraiment un problème. »

Des problèmes au retour aussi
Des difficultés qui seront aussi présentes sur le chemin du retour : « Je serai obligée de courir pour attraper le train le soir puisque je sors à 18 h, et le TER sera à 18 h 16 au lieu de 18 h 21 aujourd'hui. » On note quelques minutes de différences entre les deux horaires mais qui sont vitales pour ne pas rater son train. Cette situation est encore plus problématique pour les actifs et les scolaires qui terminent leur journée à 17 h : « Aujourd'hui, le TER est à 17 h 32, ce qui laisse le temps de parvenir à la gare, mais il est programmé 19 minutes plus tôt à 17 h 13. Les personnes qui le louperont devront attendre celui de 18 h 18 ». Soit une heure d'attente... Au final, une journée qui démarre plus tôt, qui finit plus tard, ne correspondant pas aux horaires de garde des enfants où à celles de ceux scolarisés. Et selon les usagers qui se sont rassemblés autour de courriers envoyés aux responsables de la SNCF et aux élus, ces changements d'horaires toucheraient environ 600 personnes : « Près de 300 personnes prennent le TER dans le sens La Rochelle/Poitiers et autant dans l'autre sens », précise Véronique Duval. Une pétition avait d'ailleurs été lancée auprès des usagers dans le premier sens de circulation à laquelle 200 personnes avaient apposé leur signature.

Des trains sans passagers car ne correspondant plus aux heures de travail
et des usagers qui reprendront leurs voitures qu'ils se refusaient d'utiliser depuis 10 ans. Une situation jugée « absurde » par ces derniers.

Une décision de la SNCF qui bouleverse aussi les convictions des usagers : « Certains d'entre nous prennent le train depuis 10 ans pour des raisons de confort, des raisons économiques mais aussi écologiques. Nous sommes contents de prendre le train. Et la politique de la Région nous encourage à le faire et ça aussi, c'est remis en cause. » Véronique Duval poursuit : « Les gens se posent la question de reprendre leur voiture. C'est totalement absurde de prévoir des trains qui ne seront pas pris et qui entraînent des conséquences liées à la pollution ». Sans oublier la sécurité routière : « Reprendre sa voiture tous les jours avec la fatigue du trajet matin et soir alors qu'on arrive en hiver avec des conditions de circulation pas toujours bonnes, ça n'a pas de sens ! »
Car où le bât blesse encore un peu plus, c'est que ce sont les TGV qui se retrouveront aux heures des TER (pour exemple le TGV 8 h 08 qui s'arrêtera à Surgères) « et, alors qu'avant on pouvait prendre les TGV avec les abonnements 'travail', ce n'est plus possible depuis 3 ou 4 ans. Sans compter que les TER sont aménagés pour y monter avec son vélo. »

Des TER pour aller travailler
Sur le grill depuis le mois de mai dernier, les usagers ne voient aujourd'hui pas d'autre issue que de simplement « demander des TER en relation avec les horaires de travail ». C'est pourquoi ils invitent tous leurs homologues, qui voyagent dans le sens La Rochelle/Poitiers et Poitiers/La Rochelle, à se retrouver lundi 17 octobre, de 7 h 30 à 9 h, en gare de Niort, pour manifester leur désapprobation face à ces nouveaux TER : « Nous avons choisi Niort pour sa situation centrale ». Des tracts en ce sens sont distribués dans les trains depuis le début de la semaine. Et Véronique Duval d'ajouter : « C'est comme le projet de suppression d'arrêts de TGV à Surgères, c'est la même problématique : on oublie les petites gares et on favorise les grands trajets. Une fois de plus ça n'a pas de sens. »

Contacts usagers TER : mobilisationterlrp@gmail.com

Article rédigé par :
Carine FERNANDEZ

La gare de Surgères est la 3e de la Région en terme de trafic. (photo C. F.)
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