Dossier du 20/01/2010 à 17:24
L'artillerie lourde est en action
Ségolène Royal avait rassemblé un large éventail citoyen autour d'elle pour son premier meeting rochelais. (photo F. G.)
Ségolène Royal et Dominique Bussereau ont donné le coup d'envoi de leur campagne pour les élections régionales, samedi 16 janvier. Pour les deux, soutiens, témoignages et programme ont été ponctués de bons mots visant l'adversaire.

Si la date était commune, les cadres choisis par les deux états-majors étaient très différents. Le matin, Dominique Bussereau a reçu ses sympathisants dans la salle Roger-Rondeau à Fouras. Un cadre lumineux connoté sportif pour le challenger. Tandis que l'après-midi, Ségolène Royal faisait de même au musée maritime de La Rochelle dans une salle plutôt obscure. Seule la scène était éclairée. De prime abord donc, Bussereau dans la lumière et Royal dans la pénombre. Au-delà du cadre, les deux rassemblements proposaient un déroulement assez similaire.

Pluie de témoignages

Au cours de la matinée, Sylvie Marcilly, maire de Fouras n° 2 sur la liste de Dominique Bussereau, Jean-Louis Léonard, député, Henri de Richemont, tête de liste pour la Charente, Xavier Argenton (Nouveau Centre), tête de liste pour les Deux-Sèvres et Olivier Chartier, tête de liste pour la vienne se sont relayés au pupitre avant l'intervention de leur candidat. Jean-Pierre Raffarin, président du Conseil régional de 1988 à 2002 est également venu prodiguer son soutien.
Idem à La Rochelle où les témoignages en faveur de Ségolène Royal se sont multipliés : le député-maire Maxime Bono, Bernard Lalande chef de file du Parti socialiste au Conseil général, la députée Catherine Quéré, Olivier Falorni secrétaire départemental du PS, Alain Bucherie conseiller régional Vert sortant, Françoise Mesnard, conseillère régionale sortante, Benoît Biteau (PRG) mais aussi Émile Brégeon délégué CFDT d'Heuliez et Guy Eyermann délégué CGT de New Fabris...

Le bilan de l'autre

Jean-Pierre Raffarin a parlé de « bilan fanfaron ». De son côté Dominique Bussereau a été catégorique : « Lorsque l'on observe le bilan, c'est navrant. Nous étions, selon Capital, 14e région française, nous sommes passés à 22 sur 26 en comptant celles d'outre-mer. On était en tête de la création d'entreprises, nous sommes maintenant à la 20e place sur 22 régions de métropole. Ce qui est plus terrible c'est pour les salaires moyens, 24e sur 26. Nombre de lits d'hôpitaux : 22e. En environnement nous sommes brillamment 19e et pour les déchets ménagers incinérés nous sommes 20e. »
Pour le député-maire de La Rochelle, Maxime Bono, « le contraste est flagrant entre ce qui s'est construit ici, sous l'impulsion de Ségolène Royal, et ce que dans le même temps la droite a défait dans notre pays. Que serait Heuliez sans la formidable volonté de notre présidente de région qui a su forcer le destin ? Où en seraient les salariés si les amis de
M. Bussereau avaient été en charge de la Région ? La région a relancé le TER. Elle a fourni à la SNCF les matériels neufs qu'elle attendait depuis si longtemps. Le résultat ne s'est pas fait attendre avec + 62 % d'augmentation de la fréquentation. L'équipe régionale a ouvert 12 maisons de santé en milieu rural. Chacun de nos lycées est doté d'un éducateur culturel. En matière d'environnement, qui peut prétendre faire plus que ce qui a été fait ? Les 600 entreprises et les milliers d'emplois du pôle éco-industries témoignent du succès de cette vision économique nouvelle que nous appelons la croissance verte. Ségolène Royal et la région ont fait le choix de ne pas augmenter les impôts. Dans le même temps, le département a matraqué les charentais-Maritimes avec une hausse de 30 % des impôts en 5 ans. À La Rochelle, dans nos quartiers désertés par les subventions, si la région n'avait pas été là, bien des associations auraient disparu, bien des équipements n'auraient pas vu le jour. Mireuil n'aurait pas été transformé sans les différents contrats que nous avons signés avec la région. En 2008, lors de la crise de la pêche, la région a mis 500 000 € pour aider les familles les plus en difficulté. Elle a sauvé la pêche à La Rochelle. » Pour sa part Ségolène Royal a indiqué : « Nous avons conçu notre région comme un laboratoire d'idées, un laboratoire d'actions, une terre d'exception, un lieu d'excellence, un lieu de libertés pour toutes les initiatives. Pour la croissance verte, les nouvelles formes d'économies solidaires, pour la défense de l'emploi, la justice entre les territoires, la protection contre les difficultés de la vie, la démocratisation de l'accès à la culture et au sport, pour la place laissée aux personnes en situation de handicap pour toutes les aides directes car nous ne voulions plus de la politique clientéliste mise en place par la région. Nous avons remis la personne humaine au coeur de toutes nos décisions. »

Leur programme

Pour l'UMP il se résume à : « emploi, mobilité et formation 100 % des actions ». Dominique Bussereau est formel : « Dans le budget 2010, sur 685 M €, seuls 23 millions sont consacrés à l'économie, soit 3,4 %, c'est tout à fait insuffisant. Nous souhaitons mettre en place le droit au premier contrat. C'est le début d'une vraie vie professionnelle. Avec les collectivités nous essaierons de créer 3 000 emplois d'ici 2014. La vraie force de la région ce sont les PME. Nous créerons un guichet unique pour la création d'entreprises. Il faut que nous ayons une vraie politique de soutien de l'agriculture de la fourche à la fourchette. Il faut mettre en place de la recherche, du développement, que nous labellisions un certain nombre de produits du Grenelle de l'environnement. La liaison Rochefort/La Rochelle est une bonne idée, mais très c'est très léger. Il m'a fallu près de deux ans pour convaincre la Région de nous aider pour la LGV alors qu'il s'agit de créer 6 000 emplois. Il faut que la région investisse aussi dans les routes. En Charente-Maritime, cela fait dix ans que nous avons mis en place le Pass'partout, un titre qui permet de prendre tous les moyens de transports en commun. Je propose de l'étendre à toute la région. De mettre en place des bus de proximité, d'aider les jeunes à avoir leur permis de conduire. Nous devons investir dans l'éducation et la formation. Les lycées doivent être à la pointe du numérique. Les internats doivent être d'excellence pour les élèves défavorisés ou lointains. »
Pour le PS la formule est : « Le Poitou-Charentes, la croissance verte, une énergie d'avance. » Pour Ségolène Royal : « Notre projet pour l'avenir est puissant. Il consiste à passer du laboratoire à l'action de masse, à la généralisation de tout ce que nous sommes en train de faire, à la montée en puissance des actions menées jusqu'à présent, à la consolidation des acquis sociaux que nous avons créé dans la région, à l'invention encore et encore. Alain Bucherie faisait tout à l'heure des propositions et c'est ce qui fait la vitalité et la richesse de la diversité de nos équipes. En restant à l'écoute de l'intelligence des citoyens et des territoires. Pour toutes les formes alternatives de l'économie, celles qui sont basées sur l'économie solidaire, les moyens seront doublés afin de pouvoir monter en puissance sur ces formes d'économies qui marchent. »

La campagne

Dominique Bussereau a indiqué qu'il présentera le 31 janvier une liste de 55 candidats. « Elle va étonner, excepté moi et les deux sortants Henri et Xavier, il n'y aura que des personnes de moins de 50 ans. Nous allons leur demander de passer un Certificat d'avenir politique. Qu'est ce que ces jeunes feront aux élections suivantes ? Dans quelle commune tenue par nos adversaires seront-ils candidats ? Dans quel canton ? Dans quelle circonscription ? Je vous proposerai une liste jeune, car nous pensons Jean-Pierre et moi, que le devoir des quinquas est de dire à ceux qui ont vingt, trente ou quarante ans : « préparez-vous, prenez des responsabilités, prenez en mains votre région » ». Dans le cadre de la campagne des réunions seront organisées dans les villes et les cantons.
De son côté Ségolène Royal a indiqué : « Nous avons cheminé pour un rassemblement dès le premier tour de ses élections régionales. Aucun élu socialiste de la région ne s'est opposé aux mains tendues que j'ai pris l'initiative de tendre : nos amis du parti communiste et je suis convaincue qu'il y en aura un certain nombre dès le premier tour, les Verts et je suis très heureuse de saluer le courage d'Alain Bucherie et de Georges Stupar, les radicaux que je suis très heureuse d'accueillir, la société en mouvement, les lutteurs que sont les responsables syndicaux qui ont accepté de nous rejoindre. C'est la force de l'union que nous voulons. L'intelligence des hommes et des femmes de bonne volonté. Alexis Blanc et ses amis centristes nous ont rejoints. Ils seront à nos côtés au premier tour. Ceux qui ont choisi de nous rejoindre sont des éclaireurs. Ils ouvrent le chemin de l'avenir. »
Article rédigé par :
Frédéric GADREAU
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Qu'en pensez-vous ?
L'Etat va se serrer la ceinture, limiter ses dépenses et donner l'exemple. Selon vous, les représentations de l'Etat dans le département et dans la région doivent-elle en faire de même ?
Oui, il n'y a pas de raison
Non, ce n'est pas nécessaire
M'en f... ils font ce qu'ils veulent de nos impôts.

Il y a 1 réaction à cet article

De Danielle T. (Thairé d'Aunis)
Posté le 12 03 2010
Notre région n'est pas écologique
Contrairement à ce qu’annonce Mme Royal depuis de longues semaines, la région Poitou-Charentes n’est pas la première région écologique dRéalisée par le magazine Terra Economica, une étude, reprise par le journal Le Monde du 3 Mars 2010, a classée les régions françaises en fonction de la pollution des sols, des hectares de parcs naturels, de la proportion de bio dans l’agriculture, mais aussi des émissions de CO2, du tri des déchets… Au total, 21 éléments ont servi à élaborer ce classement. en France. La région Poitou-Charentes n’arrive qu’en 10ème position, bien loin de la première position proclamée par Ségolène Royal. La liste « L’ambition partagée », menée par Pascal Monier, propose dans son programme une réelle politique écologique avec notamment l’instauration d’un Parlement Régional du Climat L’écologie ne se fait pas dans les médias, à quelques semaines d’élections, elle se fait sur le terrain avec de vrais candidats Démocrates indépendants humanistes écologistes, tels que ceux de l’Alliance des Ecologistes Indépendants ou de CAP21 qui sont avec le Mouvement Démocrate indépendant.