Vos dons ont créé deux emplois !

Pensez à mettre vos dons dans des sacs de moins de 100 litres fermés. (photo DR)
Déposer vos vêtements dans les bornes du relais vous permet de réduire
vos déchets, de favoriser
le recyclage et de créer
des emplois solidaires.
Vendredi 3 février, 8 heures du matin, il ne fait pas bien chaud dehors. Et pourtant, Patrick Fouquet est là, fidèle au poste. Avec son collègue François Lefèvre, ils se préparent à partir au volant de leurs fourgons de 14 m3, ramasser les textiles déposés dans une partie des 150 bornes de collecte disséminées sur le territoire du Smictom Vals Aunis. Tous les deux travaillent dans le cadre de contrats déterminés d'insertion (CDDI). La tâche ne sera pas facile. Certes, il ne neige pas encore ce jour-là, mais il fait déjà froid au point que certains cadenas sont gelés. Impossible de les ouvrir, la clé ne tourne pas. Il faut les réchauffer en soufflant dessus blottis dans le creux des mains, qui elles-mêmes ne sont pas bien chaudes. Cette tournée du vendredi a pour objectif de vider les bornes qui sont les plus remplies en semaine afin qu'elles ne soient pas trop pleines, le week-end, pour que les habitants du territoire puissent y apporter leurs dons, sans qu'ils ne se retrouvent par terre, faute de place. « Cela ne fait pas très sérieux, cela ne donne pas une bonne image au Relais », explique François Lefèvre. Les camions sont géolocalisés et si une mairie contacte le numéro de téléphone de Nantes inscrit sur la borne, ce dernier peut rediriger un chauffeur pour vider la borne trop pleine. Une fois la porte du container ouverte, il faut charger les sacs, et bien souvent en remplir, car certaines personnes glissent leurs textiles en vrac dans la borne, ce qui est regrettable. La consigne est de les mettre dans des sacs de moins de 100 litres fermés. Cela permet en effet de préserver vos dons de souillures éventuelles. Et croyez-en les découvertes de Patrick et de François, les personnes indélicates ne manquent pas d'imagination : poubelles, couches culottes usagées, détritus divers, canards morts... ont déjà été retrouvés dans des bornes par les deux chauffeurs. Des actes d'incivisme qui ruinent les efforts des donneurs et des collecteurs, puisque tous les textiles contenus dans la borne se retrouvent ainsi souillés parfois définitivement et finissent incinérés au lieu d'être réutilisés ou recyclés.
Près de 30 T en janvier
La collecte de vêtements et de textiles, mise en place par le Smictom Vals Aunis, en collaboration avec Le Relais, commence à porter ses fruits. Le 3 février, un semi-remorque de 15 tonnes est parti de Surgères. En moyenne, Le Relais 17 fait partir un semi-remorque, toutes les trois semaines. En janvier, la récolte a été de près de 30 tonnes, dont 2,4 T provenant des associations, pour 24 tonnes seulement les quatre derniers mois de l'année 2011. Peu à peu, le bouche à oreille fonctionne. Les chauffeurs s'assurant d'expliquer aux gens qu'ils croisent ce qu'ils font et le fait que cette collecte permet de financer leurs emplois. Mais l'on est encore loin de l'objectif fixé à 6 kg de textiles collectés par habitant, soit environ 750 T par an. Dans l'atelier relais de Surgères, les tas sont organisés en fonction de la provenance des sacs et de leur contenu. Le tas principal est composé des sacs récupérés directement dans les bornes. « Il fait à peu près la longueur d'un semi-remorque. Quand nous approchons du volume, nous commandons le camion », indique François Lefèvre. C'est celui qui a le plus de valeur, puisque les centres de tri pourront en extraire les vêtements qui seront revendus. Un autre tas est composé des sacs contenant les chaussures et autres accessoires de maroquinerie. Enfin un troisième est composé des surplus des associations. C'est celui qui a le moins de valeur, puisque ces dernières ont déjà effectué un tri pour leurs boutiques. Pour l'instant, ce qui a été collecté sur le territoire du Smictom a été envoyé vers les centres de tri en manque de textiles. Les pièces triées sont réemployées (vente en boutique et fripes à l'export) pour 50 %, recyclés (chiffons, effilochage, isolant Métisse®) pour 40 % et détruites pour 10 %. L'objectif, si la montée en puissance de la collecte se confirme, est d'ouvrir, à terme, un centre de tri à Surgères. Ce qui pourrait créer une trentaine d'emplois pour des gens en difficulté.