Dossier du 09/04/2010 à 10:12
Rochefort. Le transbordeur fragilisé mais pas en péril
C'est l'une des deux épingles qui a cédé, mercredi matin, laissant tous les efforts à la dernière ! (photos A. P.)
La rupture de la fixation d'un câble du pont transbordeur du Martrou, côté Rochefort, mercredi 31 mars, a fragilisé l'édifice. Pour la mairie, pas d'affolement, le nécessaire va être fait.

Un immense coup de feu a retenti, mercredi 31 mars, coté Rochefort du pont transbordeur suite à la rupture d'une épingle maintenant un des câbles.
Chaque câble est arrimé d'un côté au pont et de l'autre à une pile en béton où chaque paire d'épingle retient un cavalier sur lequel le câble est serti. C'est l'une de ces épingles qui a rompu pour une cause encore non déterminée. Assujettie à des tensions ahurissantes car reliant le tablier d'une hauteur de 75 mètres au-dessus du sol, l'épingle qui avoisine la dizaine de kilos, a été projetée à plus de 10 mètres laissant une trace dans le sol confirmant un éventuel danger au cas où le second tirant viendrait à rompre.
Les riverains ont de suite alerté les services techniques de la ville, et compte tenu des conditions météorologiques annoncées pour la fin de la semaine, un arrêté de péril imminent à de suite été engagé par le maire de Rochefort par crainte que la seconde épingle rompe sous les coups des vents violents annoncés.
Rapidement l'entreprise Baudin-Châteauneuf qui entretient le pont depuis 1912 est intervenue pour mettre le pont en sécurité. Moins de 24 h plus tard, quelques irréductibles riverains restaient sur place signant alors une décharge alors que leurs voisins étaient invités à déménager provisoirement dans leurs familles, chez des amis, ou, faute de mieux, à l'hôtel (les frais restant à la charge des communes de Rochefort et Échillais). En parallèle, il était interdit à la navigation professionnelle ou de tourisme de passer sous le pont.
Certaines personnes redoutaient la rupture de la seconde épingle laissant ainsi libre le câble d'aller ou bon lui semble ; le câble risquerait effectivement de se détendre brutalement comme un coup de fouet tant ses contraintes sont importantes, mais son poids de 5 tonnes l'immobiliserait au sol immédiatement comme une masse inerte et sans aucun danger. Fabrice Lienhard, directeur des infrastructures de la ville, écarte l'hypothèse de l'effondrement du pont : « Ne soyons pas alarmistes... mais nous ne savons pas si le pont bougera ou pas ».

4 à 6 semaines de travaux

De suite après l'avarie, l'entreprise Bourgoin, qui suit le pont depuis ses débuts, était sur place pour sécuriser l'ensemble alors que les différentes parties administratives, technique, et communale de Rochefort et Échillais travaillaient aussi de leurs côtés dans les bureaux du service technique de Rochefort. Vendredi 2 avril, dès 15 h, le sous-préfet se rendait sur place et donnait son accord pour la réouverture de la Charente à la navigation et autorisait en même temps les riverains à regagner leurs domiciles ; le rapport d'expertise plutôt « rassurant » arrivait dans la soirée. Le samedi matin, les maisons étaient de nouveau occupées.
Quatre à 6 semaines seront nécessaires pour réparer provisoirement le pont grâce à l'ajout de mordache pour consolider les épingles. Le maire d'Échillais, Henri Sanna, a passé beaucoup de temps sur cet incident. Il commente : « Il ne faut pas s'alarmer, le pont ne va pas s'écrouler comme un château de cartes car il reste 23 autres câbles pour le maintenir. Quant à celui dont l'épingle a rompu, il est pour l'heure sécurisé et sera réparé dans 6 semaines maximum. Nous n'aurions pas su éviter la rupture de l'épingle même avec nos visites régulières, il est aussi vrai que le pont a subi des modifications touchant sa structure au fil du temps. D'ici l'année prochaine, les ancrages des câbles seront modifiés avec l'adjonction de rotules pour qu'ils subissent moins de sollicitation ».

Dernières nouvelles

La reprise de tension du tirant défectueux a été effectuée par une entreprise spécialisée mandatée par la Direction des Affaires Culturelles (Drac) propriétaire de l'édifice classé monument historique. Dès réception du rapport d'expertise, l'arrêté de péril imminent a été remplacé par un arrêté de péril ordinaire permettant ainsi aux riverains de réintégrer leur habitation samedi 3 avril 2010.
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