Rochefort : Mobilisation très réussie

Plus de 3 000 personnes, selon l'intersyndicale, se sont mobilisées le 19 mars. (photo C. P.)
La mobilisation a une fois de plus été forte, place Colbert, jeudi 19 mars !
Il flottait dans l'air comme un parfum de mois de mai, jeudi 19 mars, sur la place Colbert. Un mai printanier et un mai mobilisateur. Selon l'intersyndicale*, le nombre de personnes à avoir répondu à l'appel et à défiler dans les rues de Rochefort a été encore plus important que lors de la grosse manifestation du 29 janvier dernier. De 2 500 on est passé à plus de 3 000 (2 300 selon la préfecture). Les semaines qui se sont écoulées entre ces deux rassemblements n'ont pas émoussé la détermination à se faire entendre du gouvernement de Nicolas Sarkozy même si le Pays rochefortais particulièrement affecté par les fermetures irrémédiables de grosses entreprises que sont Zodiac et KPI a plutôt le moral en berne.
Disparité dans les rangs
À l'image de la manifestation du 29 janvier, les rangs affichaient la disparité. Côte à côte, des salariés du public et du privé étaient venus clamer leur mécontentement. Parmi les manifestants à battre le pavé : des travailleurs sociaux, du personnel civil de la Base aérienne 721, du personnel hospitalier, des agents territoriaux, du personnel de l'Éducation nationale, de Keolis Littoral ou encore bien sûr de Zodiac et KPI et d'autres entreprises du Pays rochefortais. Également dans les rangs : des demandeurs d'emploi, des retraités, des lycéens, des artistes autogestionnaires et des élus - principalement municipaux - ou encore des représentants de partis politiques parmi lesquels le Parti Socialiste qui affichait ostensiblement ses drapeaux et plus discret, le Parti communiste. Sifflets et slogans bien affûtés s'élevaient des rangs au fur à mesure de la progression du long cortège par les rues Audry, Pelletier, par le marché, la rue de la République avant de faire un passage devant l'hôpital et de rejoindre la place Colbert.
Création d'emplois
Au nom de l'intersyndicale*, Gérard Pinaud, secrétaire de l'UL CGT du Pays rochefortais, a pris la parole et informé que les organisations syndicales de Charente-Maritime avaient été reçues par le préfet, vendredi 13 mars pour réaffirmer leurs revendications au rang desquelles : l'arrêt des suppressions d'emplois dans la fonction publique, l'arrêt des licenciements économiques et la recherche de solutions rapides pour ceux qui sont licenciés.
« Le préfet a mis en exergue les futures créations d'emplois dans les deux entreprises que sont Alstom et la Sogerma, a poursuivi Gérard Pinaud. Nous avons demandé que dès maintenant soient proposées des formations aux salariés de Zodiac et KPI intéressés afin qu'ils puissent occuper les futurs postes demain ». Après cette sollicitation saluée par des applaudissements, il invitait, au nom de l'intersyndicale, les élus du Conseil général qui « ont aidé la Sogerma en achetant les locaux et les terrains de Zodiac », à demander des contreparties « notamment en matière de recrutement ».
Bouclier fiscal
Bien sûr, la politique salariale du gouvernement a également été épinglée lors de cette rencontre préfectorale. À ce chapitre, l'intersyndicale a lancé un appel aux « patrons du Pays rochefortais et aux autres » afin de « se mettre autour de la table avec les organisations syndicales sur le dossier des augmentations de salaire ». Gérard Pinaud prenant en exemple l'accord signé à l'entreprise rochefortaise Simair « 4 % d'augmentation de salaire, une prime de 700 €, ce n'est pas négligeable. Nous espérons qu'il en sera de même dans les autres entreprises ».
Et poursuivant : « Il ne peut y avoir d'un côté un bouclier fiscal qui privilégie les riches et de l'autre les salaires des plus pauvres qui n'augmentent pas. Les salaires sur notre territoire sont parmi les plus faibles de France. Cela n'a pas empêché Zodiac et KPI de supprimer leurs sites au nom de la rentabilité. Il n'y a donc pas de lien entre coût du travail et développement industriel ».
Enfin, l'intervention de l'intersyndicale s'est conclue par un appel à se syndiquer afin de « construire un rapport de force durable pour mettre le social aux coeurs des choix économiques et politiques ». Un message qui n'avait pas été clamé haut et fort depuis bien longtemps et qui montre combien le mouvement peut s'installer dans la durée si le gouvernement reste hermétique à la voix venue de la rue.
* CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, Unsa.
Article rédigé par :
Christelle PEGUIN