Protection de l'environnement: La Défense s'engage pour la biodiversité

Le ministre de la Défense, Gérard Longuet était au siège de la LPO à Rochefort le 3 octobre. (photo F. G.)
Gérard Longuet,
le ministre de la Défense et des anciens combattants, était
à Rochefort, le 3 octobre dernier, pour signer
trois conventions de partenariat relatives
à l'engagement du ministère en matière
de préservation
de la biodiversité.
Ces nouvelles conventions, signées avec Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Olivier Belval, président de l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf) et le Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres (CELRL), ont pour objet de développer entre le ministère de la Défense et la LPO un programme d'actions communes en matière d'avifaune et de développer l'installation de ruchers sédentaires ou en transhumances par les apiculteurs sur les emprises militaires. Ces partenariats viennent compléter la politique du ministère pour préserver la richesse faunistique et floristique des 250 000 ha de terrains militaires et le partenariat avec le CELRL qui permet de céder sur le littoral des terrains dont la Défense n'a plus l'utilité et qui entrent dans la stratégie de protection du conservatoire. Toutes ces actions en matière de biodiversité s'inscrivent dans le cadre de la stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) et la politique du ministère de la Défense en matière de développement durable. « La vocation première du ministère de la défense reste l'opérationnel, la conduite des opérations, la préparation des forces, mission sur laquelle jamais le ministère ne transigera, a précisé Gérard Longuet. Pourtant, le ministère de la défense a développé, depuis des années, un engagement d'ampleur en faveur du développement durable et de la biodiversité en particulier, engagement redynamisé avec le Grenelle de l'environnement. » Cette implication est légitime pour trois raisons : Le ministère de la défense est le 2e propriétaire foncier de France avec 250 000 ha de terrains militaires en métropole et outre-mer. Ces surfaces sont préservées de l'urbanisation et de l'agriculture intensive et présentent souvent une richesse faunistique et floristique reconnue au niveau national et européen. Le ministère dispose de 5 000 implantations en métropole impliquant des actions importantes de rénovation et de maîtrise des consommations d'énergie et d'eau. Le ministère est enfin, par le biais de la marine nationale, un acteur essentiel de la préservation de l'environnement en mer.
Trois nouvelles conventions
Ces trois conventions, signées avec des associations particulièrement impliquées et reconnues, ne sont pas les premières conclues par le ministère de la Défense en matière de préservation de l'environnement. Avant le 3 octobre,
137 conventions de gestion avec des partenaires comme l'office national de la chasse et de la faune sauvage, l'office national des forêts ou encore le conservatoire des espaces naturels avaient déjà été signées. Désormais,
140 conventions lieront le ministère de la Défense. La convention avec la LPO complète l'accord de protection signé à propos d'une espèce menacé, le gypaète barbu. Désormais, deux nouvelles espèces seront concernées : l'outarde canepetière et le vautour percnoptère. Dans la limite des contraintes opérationnelles, l'armée préservera les couloirs de vols de ces espèces et leur environnement naturel. La deuxième, avec l'Unaf se base sur des expériences déjà réussies comme au fort du Mont-Valérien à Suresnes ou à Coëtquidan. Ainsi, de nouvelles ruches seront installées sur des emprises militaires à Vincennes, Fontainebleau ou encore Versailles. Enfin, la dernière, avec la LPO et le conservatoire du littoral porte sur la cession des terrains sur le littoral dont le ministère n'a plus l'utilité et qui entrent directement dans la stratégie de protection du conservatoire. « J'ai souhaité que d'ici la cession d'une emprise de l'ex-base aéronavale de Rochefort au Conservatoire en 2012, la LPO puisse y assurer des mesures de gestion de la biodiversité », a précisé le ministre.
Un rapport développement durable
Gérard Longuet a profité de sa visite à Rochefort pour présenter le rapport développement durable 2010 du ministère de la Défense qui expose à la fois l'impact économique, social et environnemental de ses activités ainsi que les mesures mises en oeuvre pour les compenser. Il est établi sur la base des grands standards internationaux reconnus (référentiel Global reporting initiative). « Le ministère de la Défense est le seul ministère à ma connaissance et pour la troisième année consécutive à éditer un tel rapport et à faire connaître son implication. Économie, environnement, égalité des chances : tous les champs sont concernés, mais je concentrerai mon propos sur l'environnement qui nous rassemble aujourd'hui. » Quatre ans après le Grenelle de l'environnement, le ministère de la Défense poursuit résolument son engagement autour de trois objectifs : la préservation de la biodiversité sur les 250 000 ha de terrains militaires, la réduction des consommations d'énergies des bâtiments, l'intégration de la dimension environnementale des équipements de la défense.
Article rédigé par :
Frédéric GADREAU